CELTES, ROMAINS, WISIGOTHS.

 

L’âge du fer

Arrivé au tout dernier moment du néolithique final et à l’âge de fer (-650/600 av. J.-C.) et à l’implantation des celtes (gaulois) entre le VIII°S. av. J.-C. et jusqu’au III°S. de notre ère.

Celtes, Gaulois et gallo-romains

Nous trouvons un site de la période celtique découvert par Mr Antoine Fages en 1921sur un mamelon des vacants du tènement «Cantegril», à 3 kms au Nord-Ouest du village, surplombant le ruisseau des Albarels.

Cette enceinte fortifiée formant refuge ou oppidum, dessine un quadrilatère dont le côté Nord fait 28m de long, le coté Sud 42m, les deux, relié par un mur en arc de cercle de 68 m côté ……, le dernier, à ……. étant recouvert par un éboulement.

Il fut découvert sur ce site lors de nombreuses visites, deux objets en métal ressemblant à une francisque et un à un casse-tête, des tessons d’amphores et de poteries communes rouges et noires de cuisson.

A proximité de cet oppidum il fut trouvé quelques années avant, en 1916, sur le même tènement, section AR, au Nord-Ouest de la parcelle 79 (cadastre actuel), des amas de tessons d’amphores et de poteries noires de cuisson, ainsi que de poteries rouges communes et de dolium.

En 1924, c’est Mr Oustric F. lors d’un défonçage profond d’une parcelle, au tènement «Barrau», section BC, parcelle n°13, qu’il découvrit un oppidum formant un vaste quadrilatère de 160m par 90m remarquable par une terre plus sombre et graveleuse.

Les sondages entrepris révélèrent des tessons d’amphores, du charbon de bois, des pierre de foyer, des tessons de poteries noires de cuisson.

Il semblerait que nous soyons en présence d’une motte fortifiée des débuts de la période gallo-romaine.

A propos de cette trouvaille, il est à noter qu’en août 1933, c’est Mr le Dr Boyer qui découvrit sur sa parcelle situé sur le tènement «al rec de Barrau» section BD, parcelle 3&4 accolée au sud de la découverte de Mr Oustric F. un site comprenant trois amas distinct distant de deux mètres environ, allant du Nord au Sud, entre la motte et le ruisseau en contrebas, constitué de tessons d’amphores, dolium et de poteries noires de cuisson et rouges vernissées noires constituant la vaisselle ordinaire des gallo-romains.

Le renouveau romain

Les romains ont amélioré les structures agricoles, routes, villes, adductions d’eau, etc…

Ces trois peuples, au fil des siècles n’en font plus qu’un et lors du déclin de Rome, les celtes originels, les colons romains et les peuplades wisigoths en avaient adopté depuis longtemps, les us et coutumes et ce, jusqu’au déclin des wisigoths, supplanté par la domination Franque en 759.

Il faut se rappeler que les oppida celtiques construit à l’âge de fer ont perduré dans le temps, ils ont eu un regain d’activité lors de l’arrivée en gaule des romains en -118 av. J.-C., puis à la création de la narbonnaise en -54 av. J.-C. et c’est poursuivi jusqu’à III°S. de notre ère.

Par période romaine, il faut entendre une cohabitation de plusieurs peuples plutôt que de voir une simple invasion des romains sur les celtes.

L’arrivée des armées romaines et de tributs wisigoths (mercenaires des romains) ainsi que des colons étaient accompagnées d’ingénieurs et d’architectes qui ont apporté avec eux la modernité, que tous ont adopté sans aucune mesure.

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Vestiges Romains

On retrouve tout naturellement sur le territoire de Pennautier mais aussi dans les villages environnant, un nombre important de « stations » et de « villaés » gallo-romaines. Nous appelons « stations » les découvertes de mobilier romain sans pour autant être des complexes agricoles de grande ampleur et possédant une habitation des nantis romains qui aimaient habiter en dehors des villes.

En 1949, découverte par Mr Antoine Brieu, une station gallo-romaine, sur le tènement « Sainte Colombes » section AO, parcelle n°210 entre Rivoire et Fonces-Grives, à droite de la route 1113 reliant Carcassonne à Toulouse, des tessons d’amphores italiques, dolium, poteries grises et rouges micacées.

En 1980, Mr Jean-Louis Martinet, horticulteur route de Ventenac-Cabardès, s’aperçut que dans les terres qu’il venait d’extraire lors du creusement d’une fosse qui devait recevoir une citerne, un grand nombres de tessons d’amphores italiques, cette découverte se situe sur le tènement « a las Peyrièros » section AD, au Nord de la parcelle n°11.

Les monnaies

Sans date, une monnaie de Justinien (527-565) fut trouvée à la Bastide Rougepeyre, sans indication exacte, ainsi qu’une autre de Constantin (272-317) à Ventenac-Cabardès.

Les villaé

Mis à part les stations gallo-romaine, une autre catégorie de découvertes furent faite sur le territoire, ce sont les «villaé», structures complexes formées par divers bâtiments, correspondants à nos métairies actuelles, bâtiments agricoles à l‘Est et à l‘Ouest, habitations communes des ouvriers et des esclaves aux Nord, et la résidence luxueuse pour l’élite au Sud.

C’est ainsi qu’en 1927, Mr Eugène Castel, propriétaire (à cette époque) découvre, lors d’un charruage profond, une immense «villaé» située sur le tènement «Paret-Longue», section BO, au Nord-Ouest et centre de la parcelle n°8 (cadastre actuel), il entrepris la prospection de surface durant plusieurs années et il trouva de très nombreuses poteries entières, coupe plate et ronde (patène de Confarréatio), cruche, lampe à huile, cupule avec marque de potier et de nombreux tessons de poteries grises et noire pour la cuisson, rouges communes micacées, poteries fines sigillées avec motifs en relief (dessins géométriques, florées et feuillées, scènes de chasse et de vendanges, couronnes, cœurs, certains portant des caractères romains, etc...) , dolium, tuiles à rebord, morceaux de stucs peints de trois couleurs (jaune, rouge, noir), des morceaux de mosaïque constitués de petits cubes de marbre blancs et noirs incrustés dans un «mortier» de chaux et formant de dessins géométriques.

En 1930, à proximité de la métairie d’Huniac, Mr Vaissière découvre sur une parcelle de la commune de Ventenac-Cabardès, quelques mètres après le ruisseau des Albarèls, en bordure de la route n°38 reliant Pennautier à Ventenac, parcelle limitrophe à la limite Pennautier/Ventenac, sur le tènement « Canto Aoussel », section AK, n°34.

Ce site comportait, un grand harpon en fer, une partie de mors de bride, des tessons d’amphores, dolium, tessons de poteries communes rouges micacées, tessons de poteries fines sigillées avec scènes de chasse, florées et feuillées, fragments de verre et de métal (bronze et cuivre).

En 1981, un ancien ouvrier agricole, Mr Lafages ……, connaissant l’intérêt porté par Mr Vidalled Franck pour l’histoire et l’archéologie de la commune, lui informa que durant des travaux agricoles survenus durant plusieurs années de sa carrière, il vu au moins trois sites contenant des fragments de poteries.

Tous deux allèrent sur place et constatèrent qu’il s’agissait non seulement de sites gallo-romain, mais, qu’ ils étaient en présence de «villaé».

La première situé au Nord de la métairie de la Canarde, propriété actuelle de l’AFDAIM, sur le tènement «la Canarde», section BA, à l’extrémité Est de la parcelle n°151, le mobilier recueilli a été des tessons d’amphores italiques, du dallage, des tuiles à rebord, de la poteries rouges communes micacées, de la poteries grises et noires de cuisson, dolium, un contrepoids de métier à tisser, de la poteries fines sigillées Graufesenque.

Une deuxième, situé au Sud-Est de la métairie de la Canarde et au Nord du village, près du chemin de la Gallinière, rue Marcel Pagnol et Jean de Florette, sur le tènement «le Colombier», section BA, sur de nombreuses parcelles car toutes construites de maisons individuelles (45, 46, 47, 62, 64, 65, 66, 67, 120, 124), le mobilier était composé de tuiles à rebord, dolium, dallage, poteries rouges communes et noires de cuisson, contrepoids de métier à tisser.

Enfin, la troisième, situé sur le tènement « de la Barthèze », section AN, au Nord et centre de la parcelle n°9, appartenant à la famille Lorgeril (de), là aussi, comme à Paret-Longue, cette villa est étendue et doit être somptueuse……… le mobilier recueillit se compose de tessons d’amphores italiques, dolium, dallage, un très grand nombre de tessons de poteries rouges communes micacées, poteries noires et grises de cuisson, de la poterie fine vernissées sigillées ornées de motifs en relief, tout comme sur Paret-Longue, des fragments de mosaïques noire et blanche sur lit de chaux.

Un tombeau romain

D’autre découvertes furent faite pour cette époque.

En 1949, sur le tènement «a Cahuzac», section AO, au Sud-Ouest de la parcelle n°51, le propriétaire après un défonçage profond appela Mr Antoine Fages et ils constatèrent qu’ils étaient en présence d’un tombeau romain.

Il était construit pour le sol et les murs, en brique de terre cuite rouge de 20x40 cm et recouvert de tuiles à rebord. Autour du squelette ils découvrirent deux fibules, une en argent et une autre en bronze, une lampe sépulcrale portant la marque du potier (un chien avec une tête difforme).

Quelques trouvailles

A Huniac, en 1931, un sarcophage en marbre blanc, sans aucune autre indication. Ni lieu exact, ni constatation de découverte.

Route d’Aragon, en 1945, un fragment de sarcophage, sur une parcelle appartenant à la famille Lorgeril (de), là aussi, aucune indication.

Les Wisigoths, le haut moyen-âge

Pour l’époque allant de la fin gallo-romaine au haut moyen-âge, (wisigoth pour notre village) allant du IV°S. av. J.-C. au VIII°S. de notre ère, nous nous trouvons devant plusieurs sites contenant un certain nombre de sépulture laissant penser à des nécropoles.

Je me permettrai de rappeler que le peuple wisigoth s'étant mélangé au peuple autochtone (celte) ainsi qu'au peuple conquérant romain était chrétien.

Le premier, au tènement « al rec le la Clauzo », parcelle n°28, section AL, qui avait été découvert en 1921 et fouillé par Mr Antoine Fages, sur une petite partie.

Puis en 1931, lors d’un défonçage profond. Mais là, le site fut littéralement saccagé, les vestiges ont été tout simplement (dixit) jetés dans un puits proche, toutes les indications qu’ils pouvaient nous apporter ont été perdues à jamais…

Enfin, Mr Louis Deimann, entrepris une fouille en 1968 sur les quelques tombes restantes qui se situaient sur le chemin communal au Nord-Ouest de la parcelle.

Les fouilles de Mr Fages en 1921 et de Mr Deimann en 1968, purent déduire au vue du mobilier trouvé, que nous sommes en présence d’une nécropole datant du haut moyen-âge (wisigoth) appartenant à une population déjà christianisée.

Des poteries grises, urne funéraire, une petite croix en bronze, une stèle triangulaire, ainsi que des clous en fer à la tête et aux pieds, certainement pour fermer le linceul.

Une ancienne église champêtre dédié au Saint-Sépulcre se trouvait non loin de là.

En 1916, sur le tènement « les Albarèls » section AS, au Nord-Est de la parcelle n°43, Mr Germain Sicard entrepris la fouille d’une sépulture à dalles, le fond de celle-ci était recouvert de galets maçonnés d’un ciment rougeâtre, les dalles étaient renforcées de morceaux de briques de terre cuite rouge, elle contenait deux ampoules lacrymales et des tessons d’une urne funéraire. (période gallo-romaine)

Il signale aussi dans son article, qu’un sarcophage en pierre fut découvert en 1840 au même endroit.

Une autre sépulture à dalles fut découverte par Mr Bernard Roquier, fouillé par Mr Daniel Cattanéo en 1981, sur le même tènement, même section, au Sud-Ouest de la parcelle n°38, il estima sa datation au VIII°S.

Une hypothèse se dessine, nous pourrions être en présence d’une nécropole ayant commencé au environ de la période gallo-romaine pour aller jusqu’à la fin du haut moyen-âge, la question est, est-il possible d’avoir d’autre sépultures sur cette parcelle.

Pour finir ce paragraphe sur cette période, la découverte en 1923, d’une tombe à dalle, situé sur le point le plus haut du parc de la Canarde, au Nord de la métairie et non loin de la « villaé » gallo-romaine cité plus haut. Cette sépulture comprenait deux squelettes, celui d’un enfant au dessus de celui d’un adulte qui était déjà recouvert de terre. Serions nous sur le site d’une sépulture familiale ou d’une nécropole.

Une nécropole indéterminée

En 1928, Mr Antoine Fages signale une nécropole voisin de la métairie d’Huniac, il compta 62 squelettes couchés côte à côte, sans objet funéraire. Mais aucune autre indication sur le lieu exacte et l’orientation des corps, ni même la structure des sépultures.

Il mentionne juste dans son article, que dans une terre voisine à cette dernière trouvaille, des squelettes recouvert par des pierres « purifiés » par le feu furent découverts….

Inrap 2013

Nous attendons avec impatience le rapport de fouille de sauvetage entrepris par Mr Maxime Guillaume, directeur de fouille de L’I.N.R.A.P. (institut national de recherches archéologiques préventives), qui furent faites au début de l’année 2013 et ainsi compléter les trouvailles déjà répertoriées sur le territoire et peut-être avoir des précisions sur d’autres périodes mal ou peu connues sur le territoire de la commune.

Le village une place forte

A la fin de l’article préhistoire nous vous parlions du village lacustre dont l’étang fut comblée par l’érosion des collines alentours.

Suite au comblement de celle-ci, nous pouvons donc élaboré l’hypothèse que les peuples celtiques après les hommes de l’âge du fer, auraient profité de la topographie du site pour créer un oppidum ou enceinte fortifiée sur le mamelon où est assis actuellement notre village.

Les vestiges trouvés autour de celui-ci prouvent l’existence d’une forte activité au alentour, les anciens méandres du Fresquel entourant le mamelon au Sud-Est / Sud / Sud-Ouest, le ruisseau le Beilharot à l’Est / Nord-Est / Nord / Nord-Ouest, avec certaine roche à nues faisant de « mini » falaises (encore visible à certain endroit du village), seul le côté Ouest avait besoin d’une fortification. Une bonne place controlant le passage de la rivière et protégant les différantes exploitations agricoles proches.

Aucune découverte n’ayant été faite, ni fouille dans le sous-sol du village, sauf quelques fragments de poteries très anciennes (tessons d’amphores et poteries grises) ainsi que ce masque funéraire, prouve cette hypothèse.

Mais il est clair que nous ne pouvons pas supposé que notre village n’ai été le lieu d’un habitat très ancien, les premiers textes concernant notre village sont de 1124 et le travail d’éminent linguistes atteste que l’étymologie du nom viendrai d’un « foébus » entre les autorités romaines et une tribu wisigoth, pourrai remonter avant le VIII°S.

A quand une municipalité donnera l’autorisation de sondages archéologiques dans le village pour en savoir plus sur notre passé.