Essai de définition du blason de la ville de Pennautier.

Après plusieurs semaines de recherche dans plusieurs archives publics et privés, il faut bien se rendre à l’évidence, qu’aucune étude relative au blason de notre village n’a été faite à ce jour.

Nous allons donc faire un topo sur celui-ci.

                                                 

Cet essai est une étude basé sur des éléments de l’histoire locale et d’autres éléments glanés dans des ouvrages traitant d’héraldique.

Notre essai n’a pas la prétention de détenir la vérité, mais une certaine logique de faits et d’enseignements. (Nous ouvrons donc la voie pour une étude, peu être plus à propos faite par un héraldiste «professionnel»).

Tous d’abord, les sciences héraldiques expliquent que l’art du blason est un langage où une multitude de symboles se complaisent pour partager la personnalité d’une personne, d’une famille, d’une corporation, d’une communauté.

Leurs origines sont confuses, mais il est sur qu’ils ont été créés au temps des conflits entre seigneurs où parfois tel ou tel chevalier se rangeait plutôt dans ce camps ou dans celui-ci, (bien pratique sur les champs de bataille, pour reconnaitre l’ami de l’ennemi.).

Il était bon aussi, dans ce temps ancien, que les « gens » du peuple ne sachant ni lire, ni écrire, puissent reconnaitre (et de loin) les notables nobles ou non, les bourgeois, les gens d’église, puis aussi de pouvoir se distingué entre les communautés d’habitants (villes), de corporations (métiers).

Les couleurs (métaux, émaux, fourrures), les divisions (coupé, tranché, écartelé, etc…), les pièces honorables de formes géométriques (chef, pal, bande, fasce, etc…) et les figures ou meubles (naturels, héraldiques, chimériques, etc…) ont tous les fonctions de symbolique fort. Ils représentent, un fait honorable, une reconnaissance, un caractère, une vertu, un vœu, un souvenir, voir même un caprice. Pour certain parfois, un blason dit parlant (style charade) avec une figure représentant le nom de famille (un cheval pour Coursier, une tour pour Tor, etc…).

Les couleurs de Pennautier.

Les métaux:

-Du jaune, appelé « d’or » (les bandes du chef et les roses sont de couleur jaune).

-Du blanc, appelé « d’argent », il n’y en a pas, mais nous le notons pour les explications suivantes (relation avec les armoiries de Villegailhenc).

Les émaux:

-Du bleu, appelé « d’azur » (constituent la plus grande partie du blason, appelé champs).

-Du rouge, appelé « de gueules ». ( c’est la couleur du chef et de la cotice-chef).

Il y a aussi en héraldique, du vert appelé « sinople », du noir lui appelé « de sable ».

Il n’y a pas de fourrure ni de division dans le blason de Pennautier.

Ont y retrouve par contre trois pièces honorables de formes géométriques.

-Le chef, de gueules,

-chargé de trois, bandes d’or.

-La cotice-chef de gueules brochante (non cotice seule car celle-ci de couleur rouge touche le rouge du chef et brochante, car passant par dessus les deux roses).

Les figures ou meubles:

-Ici, deux roses d’or posé en pal (l’une au dessus de l’autre).

Ont retrouve dans la majorité des textes, une dénomination du blason par une phrase héraldique dit « classique » et une un peu plus « fleurie » (moins utilisé).

Pour nommer le blason de la ville, on dit:

1) La communauté des habitants de la ville de Pennautier, porte: d’azur à deux roses d’or posé en pal, une cotice-chef de gueules brochante sur le tout, au chef de gueules à trois bandes d’or.

2) La communauté des habitants de la ville de Pennautier, porte: à deux roses d’or posé en pal, une cotice-chef brochante, le tout posé sur un champs d‘azur, et d’un chef de gueules chargé de trois bandes d’or.

Le pourquoi de tels choix dans les couleurs, figures, pièces honorable ?

Voilà une bonne question, difficile d’y répondre, car il n’y a aucun texte relatif au pourquoi des choix (trouvé à ce jour), aucune délibération, ni explication, ni datation.

Notre déduction s’appuie donc sur des éléments glanés par-ci par-là (historique et héraldique).

Une première constatation:

Le chef (de gueules chargé de trois bandes d’or [1]) est le même que celui de la famille Reich (de) qui porta la seigneurie entre 1558 et 1711, ne serai-ce pas là, une marque de fidélité à son seigneur, d’autant qu’un de ses prestigieux membres, qui n’est autre que Pierre-louis de Reich de Pennautier, conseillé du roi en ses conseils, trésorier-receveur général de la bourse des états de Languedoc, grand-voyer de France en la généralité de Montpellier, receveur-général du clergé de France, a été seigneur du lieu entre 1653 et 1711, cet homme quoi que puissant financier du règne Louis XIV, a su être à l’écoute de ses sujets, en effet, nous avons retrouvé dans une note des registres paroissiaux de la chapelle du château, l’oraison funèbre de Pierre-Louis (1711) traduite en 1862. Cette note de 26 pages, désigne un grand nombres d’actions de cet homme envers ses sujets pour leur porter secours, aide financière à des paysans ayant eu de la grêle, création d’une maison pour les soins des indigents (ancêtre de la maison de la charité), il créa aussi un grand nombres d’emplois, par l’ouverture de la manufacture de draps, la teinturerie, l’élevage de vers à soie, sans parler de l‘industrie, du commerce et de la gestion et des réceptions de son château.

[1] attention sur certaine illustration du blason de la ville, les trois bandes d'or, non pas la bonne largeur. 

Les possessions (fiefs et propriétés) de Pierre-Louis ont été nombreuses tant la famille Reich était riche, les charges (emploi) de trésorier des états du Languedoc, procureur du roi, conseillé du roi, grand-voyer de France, receveur du clergé, etc… en on été détenteur sur quatre générations et cinq individus. Mais en plus de Canecaude (ancienne commune, rattachée à Villardonnel), Villegailhenc et Pennautier, ont particulièrement apprécier leur seigneur.(voir personnes et familles notables).

Le champs d’azur, symbole en héraldique de la fidélité, de la loyauté, de la justice et de la noblesse, on pourrait voir aussi là une certaine marque de loyauté ou de mimétisme envers ce seigneur, car lui aussi porte dans ses armes le champs d’azur.

En 1675 Pierre-Louis, fait l‘acquisition de la seigneurie du fief de Villegailhenc, et un détail est frappant, le blason de cette ville a des similitudes avec celui de Pennautier, en effet comme de nombreuses villes de France, ces deux villes ont choisi la figure héraldique de la rose (mérite avoué) pour symbolisé la ville, avec une petite variante, une rose d’argent (sagesse, richesse) en cœur pour Villegailhenc une cotice de gueules brochante sur un champs d’azur et pour Pennautier, deux roses d’or (noblesse, vertu) posées en pal (la force, l‘autorité) une cotice-chef de gueules brochante sur un champs d’azur.

Nous retrouvons donc aussi sur les deux blasons, une cotice. Celle-ci, se trouve dans la même position que la bande, qui représente le baudrier de l’épée, symbole de défense et de protection, mais elle est moins large (1/3) et a pour symbolique les cadets de famille, pourquoi ne pas voir par là, les deux villes cadettes de Pierre-Louis.

De gueules, qui représente le désir de servir, l’amour.

Nous retrouvons donc là, la possibilité de datation des armoiries de notre ville, entre 1675 date d’acquisition du fief de Villegailhenc par Pierre-Louis ou même après 1696 date de l’élaboration du grand armorial de France, en 29 volumes (Languedoc, livre II), dressé par Charles-René d’Hozier (1640-1732), Juge d’armes et généalogiste du roi (Louis XIV).

Nous disons après 1696, car ont retrouve dans cet ouvrage plusieurs blasons des villages autour de Pennautier (Aragon, Ventenac-Carbardes, Moussoulens, Pezens, Villemoustaussou, etc…) mais celui de la communauté des habitants de la ville de Pennautier manque. Pourtant dans cet ouvrage, nous pouvons retrouver les armes d’Antoine Lamarque, curé de la paroisse de Pennautier, nous avons donc la conviction qu’il ne s’agit pas d’un oubli, mais bien une volonté des habitants de se faire reconnaitre sous les armes de la famille Reich, appelé communément, comme ont peu s’en apercevoir dans de nombreux textes, Monsieur de Pennautier.

N.B. Les armes de la famille Reich étant introuvables elles aussi dans le livre 2 (Languedoc) de Charles d’Hozier, L’amalgame d’un certain nombre d’éminents érudits du 19° et 20°siècle., ont pris pour armes de la famille Reich les armoiries de Pennautier. En effet, Pierre-Louis, grand-financier de Louis XIV, ayant un hôtel particulier à Paris, (appelé hôtel d’Evreux, 19, place Vendôme) avait déposé ses armes ainsi que celles de son épouse, dans cette ville.

Notre conclusion.

Le blason de la ville de Pennautier, appelé en héraldique; armes de la communauté des habitants de la ville de Pennautier, aurai été créé qu’à partir du 18° siècle, il reprendrai en souvenir de leur seigneur «aimé» le chef de la famille Reich, le champs d’azur pour le souvenir de Pierre-Louis, les deux roses d’or posé en pal, pour la deuxième ville faisant autorité dans ce souvenir, la cotice de gueules pour la ville cadette de ce personnage.

Cet essai à été élaboré grâce au documents suivant:

BnF, Gallica, Charles-René d’Hozier, (1640-1732), Armorial Général de France, tome II (Languedoc) et tome XXIV (Paris), dressé en vertu de l’édit de 1696. / BnF, Gallica, Baron Charles-Jean-Marie Tourtoulou, (dit: Charles Rochenat) Notes pour servir à un nobiliaire de Montpellier, 1856. / Web, www.letempsdeshéraults.com, t117-symbolique-et-signification. / Archives départementale de l’Aude, ISBN-2-86011-012-7, Henri Sivade (1865-1945), Armorial de communes de l’Aude, réédition, Sylvie Caucanas - Jean Banc. /Archives départementale de l’Aude, sous-série 124J, Fonds de la famille de Lorgeril de Pennautier.