Les résidences castrales

 

La question qui a fait couler beaucoup de salive et d'encre jusqu'à présent est: "mais où peut bien se trouver l'ancien château des seigneurs du village".

Une question qui a trouvé bien des réponses, mais permettez moi de ne pas les citer étant donné que ces affirmations ne se basent sur aucun texte originel.

L'enquête mennée par nos chercheurs sur les documents originaux de la magnifique collection de la famille Lorgeril ont permis d'en faire la réponse précise et correct, ce qui n'avait pas été le cas de nos prédécesseurs.

La découverte d’un grand nombre de lieux fut facilitée par l’étude des preuves manuscrites des possessions des seigneurs concernant la période des familles Goutaud (1372), Boyer (1392-1405) (A.D.11,124J530), Corsier (1389-1483) (A.D.11,124J546), Grave de Villegly (1493) (A.D.11,124J542-545), Saint-André (1483-1576) , Rigaud (1537) (A.D.11,124J3), Jean de Reich (1582) (A.D.11,124J576), Bertrand de Reich (1585/1599) (A.D.11,124J498), Henry de Reich de Pennautier (~1655).) (A.D.11,124J410), Anne et Marc-Antoine de Grave, 1625 (A.D.11,124J250), Amable-Jacques-Gilbert de Beynaguet 1780, (A.D.11,124J413).

Afin de localiser l’emplacement des biens appartenant aux différents seigneurs, nous nous sommes servis des renseignements donnés sur les dénombrements et compoix dans la grande majorité des cas, mais aussi des renseignements que l’on trouve sur les cartulaires de Mahul, l’Histoire Générale de Languedoc, la collection Colbert de Doat, la collection Cros-Mayrevieille, Dom Viguerie, et bien d‘autres encore.

Nos recherches s‘enrichissant, nous entreprirent la recherche des lieux plus récents dans les diverses collections, comme les délibérations des conseils politiques puis municipaux (A.D.11,4E279/1D) et de nombreuses autres séries.

L’analyse topographique.

Avant de retracer les données trouvées sur les différents documents relatifs à la question de cette ancienne résidence des seigneurs, plusieurs informations sont à connaitre sur l’environnement historique de notre village et de ce que l’on appelle «château».

Essayons par pure conjecture de comprendre les origines de notre village et regardons les indices que nous avons tant historiques, qu’archéologiques et qui peuvent nous mettre sur une possible voie.

Sans aller à parler des innombrables découvertes archéologiques des sites préhistoriques environnants (une bonne dizaine à notre connaissance quand même), nous avons de nombreux vestiges gallo-romains dont six sites appelés «villae» répertoriés et proches du village, des vestiges de cette époque (tombes, amphores, habitations rurales). (articles faisant référence à ceux-ci dans les pages du site).

Une voie romaine secondaire partait de la «Via Romania» à Villesèquelande (plan 01), passait par Pezens et en face de Ventenac-Cabardès sur la rive droite du Fresquel.

Puis elle passait sur la rive gauche en aval d’Huniac par le pont Trinquat (aujourd‘hui disparu) (A.D.11,11C45), montait sur les coteaux surplombant le Fresquel(*), le Paradis, le Colombier.

Passe derrière le cimetière (ancien) coté Nord, puis elle se divisait en deux, une voie partait vers la Canarde, Villegailhenc, Conques, une autre partait au sud, longeait le cimetière (début de l‘avenue Luis Ocaña), à «la croix de la Mézelarie»(*) (plan 02).

À cette croisée un chemin revenait vers le village et la voie principale quant à elle, partait vers Paret-Longue(*), Rivals (tènement des hoirs de Tourron, chemin romieu à Rivals, 124J872), la Migeane près du carrefour de Bezon, Villalier.

   


Nous constatons lors de la lecture des dénombrements du XIVe siècle (A.D.11,124J532/872), que plusieurs propriétaires déclarent posséder au tènement «al place vieille»(*) certaines parcelles confrontant le «chemin romieu» (chemin romain) qui n’est autre que notre avenue du portail d’amont.

(*)«Place Vieille», située au Levant, elle a au nord le ruisseau du Beylhérot, à l’est le cimetière, (rue Guynemer, à la rue Maurice Grignon), au sud le chemin de Jarla (rue Jean Richepin), à l’Ouest le rempart allant du ruisseau du Beylhérot au chemin de Jarla. Lieu de rencontre, de marché. L’entrée principale du village, car après la croix de la Mézelarie, l’hôpital, c’est la place vieille, au pied du «château du roi» et la porte d’Amont.

Afin de situer cette ancienne place forte originelle, considérant la possible installation d’une motte celtique sortant de la période protohistorique, puis devenant petit oppidum protégeant les villae environnantes, à la période gallo-romaine.

La colline sur laquelle est assis le village possède certains indices parfois encore visibles pouvant aider à corroborer cette hypothèse.

Elle est protégée par une belle hauteur de rocher sur les flancs nord (rue Fabre d’Églantine), ouest (rue Emile Zola et bd. Joliot Curie) et sud (bd Pasteur) en partie contournée par la rivière de Fresquel et du ruisseau du Beilherot, au nord, ouest et un méandre en partie sud.

(*) «Paret-Longue», une vaste et riche villae romaine à été découverte en 1921 par Germain Sicard propriétaire et président de la Société d’Études scientifiques de l’Aude.

Nous pouvons supposer qu’un fossé et relevé de terre (rues Pierre Loti et Alphonse Daudet) protégeaient la partie Est.

Les études sur l’histoire de France et du Bas-Languedoc(*), nous apprennent qu’après la période gallo-romaine et les foédus wisigoth/romain (IIes. av. notre ère au IVes.) puis la domination wisigothique (IVe s.-VIIe s.), les lieux fortifiés (mottes(*)), souvent choisis sur une hauteur, si possible entourés par une barrière naturelle voire par une rivière(!), furent défendus par des relevés de terre et des fossés, puis par des consolidations en palissade de bois que l’on retrouve encore durant la période franque (VIIIe s.-Xe s.).

Durant ces périodes de troubles, les habitants ont eu tendance à se rapprocher de ces places fortes et de s’y réfugier en cas d’attaques.

Les réfugiés avaient l’autorisation du seigneur d’y construire des cabanes de fortune leur permettant d’attendre à l’abri.

Ne verrions nous pas ici le rôle et la fonction de notre Coustou (considéré dans de nombreux texte comme «pattu de la communauté») situé au sein de la motte castrale.

C’est à partir du VIIIe siècle et jusqu’au Xe siècle au début de l’époque féodale, au retour des premières croisades en terre sainte, que le territoire est fragmenté et passe sous le pouvoir de divers seigneurs s‘installant en comté.

Dans notre province, au début du XIe siècle(*) après la mort de Roger le Vieux (1020) son fils ainé étant mort avant lui, le comté de Carcassonne fut disputé par ses filles, son fils cadet et quelques membres proches.

Sa fille aînée Ermangarde se maria avec Raimond Bernard Aton (Trencavel).

Ils dirigèrent le comté de Carcassonne.

Sa sœur, leur frère cadet et d’autres cousins germains lui disputèrent les provinces du comté (le Cabardès, le Razès, Foix, Béziers, Agde, etc.).

Au XIe siècle, les litiges grandissant parmi tous les ayants droit et les luttes intrafamiliales se multipliant, les campagnes se militarisent(*), c’est là que l’ont assiste à la levée de fortifications en dur(*) de nombreux villages du Carcassonnais, du Carcassès et du Razès alliés de la famille Aton, de 1050 à 1146 plusieurs actes montrent que les vicomtes Aton-Trincavel se donnent le droit de fortifier sur leurs terres.
(A.D.11 & B.N.F., Histoire générale de Languedoc)

Dans l’esprit de la plupart d’entre nous, le seigneur d’un fief, d’un village habitant sur celui-ci, réside dans un château et plus particulièrement un château-fort, avec des tours, des remparts crénelés, mâchicoulis et bien d’autres structures d‘architecture modulant les châteaux.

Il nous est donc permis de penser que le village de Pennautier avait possédé un castel digne de ce nom ainsi que des fortifications(*) et portes, puisqu’il faisait partie des terres de Trencavel au alentour des XIe et XIIe siècles.

Nous ne savons rien du seigneur possédant Pennautier avant 1124, nous savons simplement que son domaine fut confisqué par Bernard Aton suite à sa félonie et qui le donna à un des chevaliers qui lui était resté fidèle, les textes l’appelle Roger de Podio en 1126.


place vieille en bas à droite du schéma

(*)«Mézelarie», croisement du vieux cimetière en face le nouveau parking (plaça conviviénsa), ce nom ancien ce traduit par: maladerie, léproserie. (voir paragraphe sur l’hôpital).

(*)«mottes», plusieurs mottes ont été découvertes; à Cantegil en 1921 par A. Fages, à Barrau en 1924 par F. Oustric.

(*)«début du XIe s.», Les comtés de Carcassonne et de Razès et leurs marges. (IXe-XIe siècles) Hélène Debax.

(*)«Fresquel», la vallée allant du pont Triquat à Huniac au pont de Pennautier avait été depuis la protohistoire une vallée lacustre par intermittence. Lire préhistoire et archéologie. Age du bronze. Antoine Fages. 1923. Histoire de Pennautier / Bulletin de la S.E.S.A.

(*)«militarise», Il fallait préservé les industries, ateliers, mines, moulins, carrières, bois, pêcherie, etc.

(*)«fortification», C’est dans des textes datant des Xe, XIe, XIIe que l’on commence à trouver la mention «Castra ou Castella».

(*)Morphogénèse du village médiéval du bas Languedoc de Gislaine Fabre, 1993.

(*)Dans les très anciens compoix et dénombrements nous constatons que chaque déclaration mentionne: «possède dans ledit fort dudit lieu», comme quoi le village en lui-même est un château, avec ses remparts, ses tours, ses fossés, ses portes fortifiées.

 

L’ancien château-fort et maison-forte intra-muros.

Les résidences seigneuriales.

 

Les possessions seigneuriales.

À partir du VIIIe siècle jusqu’à la Révolution, comme les consuls et habitants propriétaires, les seigneurs aussi faisaient donc la déclaration de leurs possessions avec un document appelé, «hommages, aveux et dénombrements» ils déclaraient leur patrimoine au roi. (ou au seigneur plus puissant s’il n’était pas le vassal direct du roi).

Généralement indiqués en début de déclaration certaines maisons, cours, jardins étaient inscrits comme «noble» ou «au noble» étaient sujets à l’impôt de franc-fief payable tous les dix ans au roi et bien moins élevé que l’impôt de taille, payé aux consuls.

Leurs biens en roture étaient quant à eux soumis à la taille.

Ils déclaraient aussi leurs privilèges en matière d’impôts, les avantages qu’ils pouvaient prétendre de lieux de services se trouvant sur un fief ou parfois pouvait être un fief à part entière.

Nous pourrions nous demander si le seigneur possédant le fief d’un village, de notre village, pourrait habiter ailleurs que dans un château tel le château comtal de la cité. Etait-il assez puissant et assez riche pour avoir une telle bâtisse?Un château avec ses propres remparts, mâchicoulis, barbacane se trouvait-il dans l’enclos du village?

 

L’histoire de notre village est un peu plus complexe.

Commençons par le plus simple:

Le château des seigneurs de Pennautier à partir de 1620(*), se trouve être le château extra-muros, que nous connaissons tous, construit par Bernard de Reich, seigneur de Pennautier, trésorier général du pays de Languedoc, sur un terrain qu’il avait acheté à Noble Pierre de Villemur, pour 49 livres, 1 sou et 10 deniers, face à la porte Janenque, maintenant possession de la famille Lorgeril, descendant de la famille Reich. (plan 03)
(A.D.11,124J503)

   


N°01 le château, n°02 la cour d’honneur, n°03 l’appartement du garde suisse, n°04 les écuries, n°05 la cour des écuries, n°06 la ménagerie, n°07 la cour de la ménagerie, n°08 l’orangerie, n°09 la maison des jardiniers, n°10 une partie du parc

(*)«1620», le château de Bernard de Reich avait été dénombré en 1681 comme contenant 545 canes de Carcassonne (1cane=3,183m² ) (1735m² ) et imposé à 9 livres, 1 sol et 8 deniers car pas encore «noble». Il possédait en plus de «la maison», une métairie attenante, cour et basse-cour, écurie, maison du Suisse, du jardinier. Il fut durant les siècles, transformé, modifié par ses propriétaires au gré de leurs besoins, aspirations et de leurs temps. Nous consacrerons plus tard un article spécial sur celui-ci.

Par contre c’est lorsque l’on aimerait savoir où était le château intra-muros que les choses se complique.

Est-il possible que l’ancienne résidence intra-muros ait laissé quelques traces de son établissement ? Aurions nous la chance de retrouver des indices dans les archives ?

 

Recherche et classement des indices.

Les premières découvertes déterminent un emplacement juste au Sud de l’église et du portail Naval, tout près d’un tènement du village mentionné «al castel vieil» et allant vers le Sud où l‘on trouve un bâtiment appelé «Mirande».

Puis, on trouve un autre tènement aussi appelé «al castel vieil» et «al four nau», ainsi qu’une mention «tour prison du roi», les seconds à l’opposé des premiers, les uns à l’Ouest/Nord-Ouest, les autres à l’Est/Sud-Est.

Les dénombrements des habitants ne laissant plus de place au doute, nous avions là, la situation de non pas d’une, mais bien de deux places nobles et seigneuriales.

Nous savons qu’en 1126 la seigneurie de Podium Autérium (nom latin de Pennautier) fut offerte à Roger par Bernard Aton (Trencavel) qui la garda jusque vers 1172 puis vint Stulti de Podio, en 1191 Petrum (père ou aîné), Pétrus (fils ou cadet) et Galard (frère) Arnaud de Podio étaient les seigneurs en 1208 au début de la croisade contre les Albigeois.

Lorsqu’en 1210 Simon de Montfort vint à Pennautier, les Arnaud, sont seigneurs du lieu et étaient l’allier du roi.

Durant 3 jours ils organisèrent ensemble le siège de Thermes.

Suite à la croisade contre les Albigeois, le Cabardès fut annexé au domaine royal, dès lors les Arnaud comme tous les seigneurs alliés du roi purent conserver une partie de leur seigneurie en compensation de leur allégeance.

Cependant le roi annexa le reste du fief au domaine royal et installa sur celui-ci Messire Raynal d’Assignan, seigneur d’Assignan en Minervois, un des lieutenants de Simon de Montfort.

Le Languedoc réuni à la couronne de France, le roi morcela les territoires conquis par une multitude de petits fiefs(*), qui pour la plus grande part furent acquis par des gens de petite noblesse et des roturiers, certains furent bourgeois, marchands, juristes, hommes de médecine ou d‘église.

(*) Sur notre territoire on peut compter les fiefs de Pennautier, de Sessera (Saint-André), de Villegly (château du roi et Mourre), de Paret-Longue, d’Huniac, de Roques (Fonces-Grives), de Pomas (Cantegril), de Lalande, de Magrie (acquis par monsieur Albarels), de Papecar, de l‘hôpital, de Bouscasse (Aliet ou Le Colombier), de La Noble, des moulins (Pennautier village à eau, faubourg à vent, et Rouzilhes). (vous remarquerez que je ne parle pas de Labastide Rouge-Peyre car elle ne fut réunie à la communauté de Pennautier que bien plus tard).

Nous trouvons donc là plusieurs coseigneurs se partageant les seigneuries du village.

Un grand nombre de documents classés aux Archives Départementales de l’Aude indique les possessions des seigneurs successifs des fiefs de la directe du roi et d’autres en alleux patrimoniaux, par les dénombrements de ces derniers.

Ces découvertes sont contenues dans les dossiers cotés aux A.D.11 en 124J576 de 1680, 124J498 de 1599, 124J503, 124J413, 124J555, 124J556, 124J500, 124J530, 944-87MAH/6-2, ils permettent d’étayer cette possible chronologie et possession seigneuriale de la directe royale et de l’alleu patrimonial.

De 1240 à 1257 Guillaume (père) et Guillaume (fils) Fort, 1257 à 1262 Guillaume Gourdonne, 1262 Bertrand de Galenc.

Peu de renseignements sont donnés pour ces derniers, mais il est fort probable que la seigneurie royale fut cédée aux chevaliers et familles «guerrières» proches du roi ou des Montfort, alors que l’alleu patrimonial passa aux mains les héritiers des Arnaud ou vendu à des roturiers aisés, des bourgeois ou à la petite noblesse du pays.

C’est à partir de 1371 avec Pons de Thézan que les données redeviennent plus précises.

                       blason des thézan

La maison Thézan, riche famille dont on trouve les origines sur la vicomté de Béziers dès 990 et par les titres de noblesse dès 1134.

Le nom et les armes figurent dans la salle des croisades au château de Versailles.

Elle a donné 19 chevaliers de l‘ordre de Malte, etc. (Chevalier croisé, Pons de Thézan, 1096. Chevalier du Temple, Pierre de Thézan, 1232).

En 1353 et 1380, reconnaissances au fief de l’hôpital (du village) par les habitants de Pennautier. (A.D.11,124J525)

Papin de Goutaud est seigneur en 1372 de l’alleu patrimonial.

                    blason des Goutaud

Reconnaissances établies sur parchemin de Bernard de Corsier en 1389 devenant coseigneur de l’alleu patrimonial avec les héritiers de Jeanne de Goutaud, veuve de Papin de Goutaud, coseigneur de l’alleu patrimonial. (A.D.11,124J546)

                   blason des Corsier

Une autre reconnaissance faite à noble Pierre de Boyer docteur en droit, coseigneur de la directe royale du lieu le 4 novembre 1387 et le 10 décembre 1389. (A.D.11,124J530)

En 1392, 1402, 1404, 1406, reconnaissances des habitants en faveur de Pierre de Boyer, coseigneur de la directe royale.

Un dénombrement du fief d’Arnaud de Boyer, juge criminel en la sénéchaussée de Carcassonne, un hommage et dénombrement de Bernard de Boyer docteur en médecine en 1389, de la directe du roi.

De Bernard de Corsier de 1389 à 1427, coseigneur de l’alleu patrimonial. (A.D.11,124J546)

En 1397 Monsieur de Villegly est coseigneur de la directe royale. (A.D.11,124J532)

En 1405, Hugues de Grave, seigneur de Villegly est coseigneur du fief royal.

Le 28 septembre 1414, dénombrement de Bernard de Boyer pour le fief de Villegly à Pechnaultier.

De 1427 à 1462, Raymond de Corsier licencié en droit puis Juge-mage à Carcassonne, successeur de Bernard de Corsier, coseigneur de l’alleu patrimonial de Pennautier, de Pezens, de Conques et de Laurant.

De Pierre-Jean de Boyer en 1445 docteur en droit et juge criminel, coseigneur de la directe royale.

De 1462 à 1483, Bertrand de Corsier licencié en droit, juge-mage à Carcassonne, lieutenant du sénéchal de Carcassonne.

De 1483 à 1490, Pierre de Corsier et Dame Magdelène de Pène, veuve de Bertrand de Corsier, coseigneur de l’alleu patrimonial.

De 1443 à 1462, Bernard de Corsier fils de Raymond, Juge-mage à Carcassonne, coseigneur de l’alleu patrimonial.

En 1490 reconnaissances seigneuriales de Pierre de Saint-André coseigneur de l’alleu patrimonial, premier président du parlement de Toulouse.

En 1493, des consuls du village pour la forge, le moulin «bannier» (banal), les caves et fossés, à Jean de Grave, coseigneur de la directe royale.

                      blason des Grave

Idem, en 1493, des consuls à Bertrand de Corsier pour les caves et fossés sis dans l’alleu patrimonial.

De 1493 à 1503, Bertrand de Corsier coseigneur de l’alleu patrimonial. (A.D.11,124J546)

De 1503, Jean de Grave, seigneur de Villegly, Capitaine des Tours de Carbardès, tient un fief Noble à Pechnaultier dans la directe du roi et 200 sétérés de terres nobles, hérité de feu son père.

De 1517, 1527 et 1534, reconnaissances de François de Saint-André premier président du parlement de Paris en 1524, pour un fief noble qu’il tient à Pennautier acquis de Noble Geoffre de Corsier.

De 1493 à 1571, reconnaissances faites au roi de Bertrand de Rigaud coseigneur de la directe royale, docteur en médecine.

                        blason des Rigaud

En 1527 et 1572, reconnaissances au fief de l’hôpital par les habitants de Pennautier. (A.D.11,124J526-527)

De 1575 à 1592, Pierre de Grave, coseigneur du château de la directe royale, fut tué à Lavaur avec plusieurs capitaines le 25 mai 1592, par ceux de la Ligue. Il était marié à Claude d’Hautpoul.

En 1583, reconnaissances au fief de l’hôpital par les habitants de Pennautier. (A.D.11,124J528)

De 1592 à 1621, Anne de Grave seigneur de Villegly est coseigneur de la directe royale de Pennautier marié avec Margueritte de Bellissen, tué par des tirs de mousquets à Arfons lors d‘une embuscade le 23 septembre 1621.

Il fit un testament nuncupatif(*) désignant son cousin germain, Marc-Antoine de Grave, sieur de Palaja comme seul héritier, évinçant son fils aîné Jacques de sa succession.

(*) nuncupatif, testament dicté par le testateur verbalement à un ou plusieurs témoins.

Après la consultation des preuves sur l’histoire du village et le tri des informations nous constatons que durant la période entre 1210 à 1571/1576 nous trouvons plusieurs seigneuries et une multitude de coseigneurs sur le village.

Pennautier comptait en plus des deux seigneuries principales, distinctes, intra-muros, avec justice haute, moyenne et basse dont une dans la directe (le domaine) du roi et l’autre en alleu patrimonial, deux autres coseigneuries partagées de ces deux principales.

Ensuite pas moins de trois autres seigneuries encore, qui étaient, le fief de Boscasse(*) et le fief du moulin(*) achetés par Monsieur de Saint-André en 1528.

Ces derniers ainsi que le fief de l’hôpital, tous achetés un peu plus tard par les Reich.

Il est bon de savoir que le droit d’aînesse ne s’appliquait pas forcement dans la tradition languedocienne (comme dans le Nord du royaume de France), le partage (entre frères, sœurs, aînés, cadets, cousins et autres) des possessions comme les seigneuries et autres propriétés était fréquent.

(*)«fief de Boscasse» ou Bouscasse. Ce fief constitué de 60 sétérés(*) de terres nobles faisait partie du fief de Sessera.

Il avait été baillé en emphytéose perpétuelle par Pagine de Goutaud alors seigneur de ce fief, à sieur Guillaume Boscasse (Bouscasse) vers 1370.

Son descendant, André Boscasse ou Bouscasse en 1493, bourgeois de Pennautier, détenait quelques maisons et 100 sétérés au tènement Prat de Guert, confrontant d’autan les terres relevant de notre sire (le roi) et le chemin de Villegalhenc, de cers le chemin allant de Pennautier à Aragon, de midy le haut de la montagne surplombant le village de Pennautier, aquilon les terres de Labastide Peyre Roger.

En 1528, Geoffre et Charles de Corsier vendirent ce fief à Noble de Saint-André pour 1.800 livres tournois.

On retrouve les traces de cette famille comme consul, Guillaume Boscasse, 1er consul en 1549 & 1556. (encore aujourd’hui nous trouvons un tènement de ce nom).

(*)«les moulins» , il est bon de savoir que le moulin à vent, construit par Henry de Reich en 1681, situé route de Villemoustaussou, était en quelque sorte une annexe du moulin à eau, appartenant au seigneur et baillé au même fermier.

Les autres moulins qui sont sur le territoire furent construits bien plus tard.

(*)«sétérés», unité de mesure agraire variable selon la nature des terres en semailles avec 1 sétier (109,6litres) de grain; à Carcassonne équivalait entre 17 à 59 ares selon la nature du terrain.

 

Les seigneuries réunies.


Arrive la famille Reich.

Originaire de Limoux, Guilhaume Reich s’installe à Carcassonne. Il est négociant au commerce des draps qui sont fabriqués par un grand nombre d’artisans que compte la région.

On remarque sur les plus anciens compoix (1393 et 1497) qu’avant le rachat par Jean de Reich des seigneuries et des possessions nobles, Guilhaume (grand-père), Jean (père) puis Pierre (fils) Reich avaient acheté plusieurs lopins de terres sur notre territoire.

          blason des (de) Reich de Pennautier

Les membres Reich achetèrent sur plusieurs générations, non seulement (toutes) les seigneuries assises sur le territoire de la commune actuelle, mais aussi, bien d’autres seigneuries hors de la commune.

Seigneurie de la directe(*) royale.

Noble Jean Reich acquit par les mains de Nicolas Ferdrier, trésorier et receveur ordinaire du domaine de la sénéchaussée de Carcassonne, une des coseigneuries de Pennautier le 16 mai 1571 aux héritiers de Bertrand de Rigaud, (pour la somme de 3.104 livres) précédant coseigneur engagiste(*) du domaine de Pennautier dans la directe du roi de France (et 6.000 livres au roi de France).
(A.D.11,124J576)

Puis Bernard de Reich acheta le 24 août 1639 à Noble Marc-Antoine de Grave, Sieur de Palaja héritier de Noble Anne de Grave, seigneur de Villegly, coseigneur de la directe royale, ledit «château de Villegly», qu‘il mit en vente quelques temps après en divers lots à plusieurs acquéreurs du village qui le transformèrent en maisons d‘habitation. Plus 200 cétérés de terre nobles.

(*)«seigneur engagiste», se dit de l’engagement d’une personne, noble ou roturière, de tenir et de gérer un fief en contre partie de gages versés au roi (à la couronne) s’il s’agit du domaine royal.

(*)«directe», droit de propriété dont le seigneur ne pouvait exploiter lui-même au risque de perdre sa noblesse. Sauf une petite partie de ses terres qu’il pouvait travailler, il devait les gérer en les baillant à divers roturiers, habitant ou non sa seigneurie.

Seigneurie en alleu patrimonial.

Ce même Jean de Reich acheta aussi le fief de Saint-André dit de Sasseras(*) dont le fief de Bouscasse et le moulin banal, dans la juridiction du fief patrimonial(*) en 1576 (A.D.11,124J576), anciennement appelé, fief de Corsier.

(En 1389, Bernard de Corsier était seigneur de Sasseras près de Béziers, comme la famille de Grave était seigneur de Villegly. Les fiefs prirent le nom de leurs propriétaires comme on peut voir aujourd‘hui, Paret-Longue prendre le nom de château Auzias, du nom de son propriétaire actuel ou château Bouchat-Allaux à La Tuilerie).

(*)«fief patrimonial», domaine noble qu’un vassal reçoit par succession, donation ou legs de sa famille.



Depuis 1571.

Depuis 1571 et 1576, les seigneuries de St-André ancien Sesseras (compris le moulin et Boscasse), de Pennautier (Villegly) et de l’Hôpital ont toujours été héritées et déclarées par reconnaissance de l’Alleu Patrimonial et par reconnaissance, hommage et foi au roi du domaine royal, depuis Jean Reich, jusqu’à Jacques-Amable-Gilbert de Baynaguet(*) avant la Révolution.

Certaines indications cependant sont intéressantes après 1576 pour comprendre la position des ces deux localisations de ces résidences castrales, car il faut bel et bien parler de maisons bourgeoises et nobles fortifiées (ou non) accolées aux remparts existants et non châteaux (forts) car se trouvant déjà dans l’ensemble fortifié que comptait le fort du village.


 

Henry de Reich.(*)

Une délibération du syndic de l’hôpital concernant la vente de la seigneurie de l’hôpital de Pennautier à Henry de Reich en date du 7 aout 1654 devant Me Falenc notaire. (registre parchemin avec table)
(A.D.11,124J529)

Il déclare au roi, «qu’il jouit et possède dans le terroir plusieurs biens ruraux que lui et ses auteurs (prédécesseurs) ont successivement acquis des emphytéoses de la dite seigneurie dont une partie se trouve dans la directe(*) du domaine royal aliénée en 1675 audit messire Henry de Reich dont il a le droit et cause.

Une autre partie de la directe du fief patrimonial(*) sus mentionnées et une autre partie se trouve être des biens francs et allodiaux que le dit dénombrant n’a pu distinguer et discerner à cause qu’il sont mêlés et confondus avec les biens féodaux, n’entendant pas néanmoins assujettir les dit biens allodiaux par la présente déclaration».
(A.D.11,124J669)

(*)«Henry de Reich», (avant dernier de la famille Reich) conseiller du roi en ses conseils au parlement de Toulouse en 1651 (A.D.11,B°106). fut seigneur du fief de Pennautier, de Saint-André et autres lieux. Fils aîné de Messire Bernard de Reich, trésorier général du pays de Languedoc et de Dame Louise de Claret de Saint-Félix et frère de Pierre-Louis (II) de Reich de Pennautier (dit Monsieur de Pennautier), trésorier général de pays de Languedoc (qui lui succéda)..

(*)«emphytéose», bail de longue durée, de 18 à 99 ans, celui-ci pouvait être hérité, et même, être hypothéqué sur la durée du bail.(exemple du fief de Boscasse qui dura plusieurs générations).

(*)«Sasseras», le fief de Sasseras, du titre de Bernard de Corsier seigneur de Sasseras, il se composait d’un fief noble et patrimonial, situé dans le lieu et terroir de Pennautier, consistant en un moulin (qu’à partir de 1479) noble et bannal assis sur la rivière de Fresquel, quelques maisons nobles dans l’enclos intra-muros (probablement la résidence du seigneur)et autres maisons en rotures, plusieurs censives et droit d’agrier sur un nombre de possessions dudit terroir, enfin la quantité d’environ 60 cétérés de terres nobles (mesure de Carcassonne: soit 3600 ares). (A.D.11,124J413)
Suivant dénombrement de 1493, 1527, 1539, 1583, 1599, 1635, 1681, 1729, 1743, 1765. (A.D.11,124J413/498/546)

(*)Messire Jean Reich a été marchand et a fait fortune dans le négoce des draps. Il acheta la charge de trésorier du pays de Languedoc.



Châteaux ruinés et maisons nobles intra-muros.


Les revenus de la seigneurie furent donc à partager, l’histoire du village nous montre qu’à partir de cette division les diverses seigneuries furent morcelées, héritées ou même vendues par divers seigneurs, faisant par cet achat, un placement et de jouir, de ce fait, des privilèges dus par ces possessions.

Ces seigneurs bénéficiaient des murs, de quelques privilèges, voire de quelques terres nobles ou roturières.

Beaucoup n’habitèrent donc pas sur leurs seigneuries et leurs enclos castraux.

Au mieux ils y abritaient un membre de leurs familles.

Il est fort probable que les «châteaux» tombèrent en ruines au début du XIVe siècle , car non habités par les seigneurs successifs et certains durent abandonner les châteaux ruinés pour construire sur leurs emplacements des résidences plus adaptées à cette petite bourgeoisie provinciale qui acquit par la suite la seigneurie.

Ces nouveaux seigneurs se partageaient le fief par un trop grand nombre, ils n’avaient donc pas autant de moyens financiers que leurs prédécesseurs jouissant en seul seigneur d’un seul et même fief (avant l’annexion par le roi et division par les héritages).

La famille Thézan originaire de la ville du même nom, ne résidait pas sur le fief de Pennautier et ils étaient aussi seigneurs de nombreux autres fiefs.

Il en est de même pour les Corsier de Sesseras près de Béziers, cette famille était en possession de nombreux autres fiefs , tout comme pour les Boyer de Montclar et Saint-André de Limoux chancelier et lieutenant du roi Louis XII à Gênes en Italie qui possédait les fiefs de Pennautier en énième possession.

Enfin un autre seigneur, Messire Bertrand Rigaud médecin, fils d’une famille de marchands, artisans et bourgeois de Carcassonne acquit la seigneurie de Pennautier.

Il résidait lui aussi à Carcassonne.

Ces enclos castraux qui remplacèrent les châteaux ruinés contenaient en général, une, voire plusieurs maisons nobles, mieux bâties que des maisons communes, pouvant avoir plusieurs étages, de nombreuses cheminées, plusieurs dépendances; métairie, écurie, casernement pour leurs valets et serviteurs, des cours et basse-cours, esplanades, etc…


La directe du roi.

L’ensemble castral noble, cazal, métairie, basse-cours, tour prison-donjon, four .

Possession.

Tenant compte des reconnaissances des coseigneurs de l’ensemble castral de la directe royale, ces dernières mentionnent très nettement que celui-ci comprenait plusieurs corps de logis, métairie, cour et basse-cour, pigeonnier, une grosse tour (tour-porte d'Amond?) et la tour prison.

Que les dits coseigneurs même s’ils en possédaient chacun une partie, les deux la déclaraient, ruinée. Quelques dimensions sont citées dans plusieurs documents originaux.
(A.D.11,124J545)


localisation de la résidence castrale de la directe royale

En 1371, Noble Folque Merle ou de Marly, est seigneur de Villegly et coseigneur de la directe du roi de Pennautier.

Une autre reconnaissance faite à noble Pierre de Boyer docteur en droit, coseigneur de la directe royale du lieu le 04 novembre 1387, 10 décembre 1389.
(A.D.11,124J530)

Une reconnaissance de Pierre Boyer, docteur en droit à Carcassonne est coseigneur du fief dit de (monsieur) de Villegly en 1392.
(A.D.11,124J530).

Une reconnaissance sur parchemin en date de 1392 de Pierre Bonery coseigneur de la directe du roi, castel de Pechnautier.
(A.D.11,124J545)

Sur les reconnaissances de 1397, certains habitants du villages payaient la dîme aux coseigneurs de l’enclos du fort du dit Pennautier dans la directe du roi.

De Pierre-Jean de Boyer docteur en droit en 1445 coseigneur de la directe royale.

En 1493, reconnaissance des consuls de Pennautier à Jean de Grave. (A.D.11,124J544)

Chaque coseigneur recevait les impôts des habitants selon les quartiers appartenant à leur directe. (Monsieur de Pennautier, Monsieur de Villegly, Syndic de l’Hôpital).
(A.D.11,124J532)

À cette date le fief du village de Villegly appartient à Noble Fouquet de Merle fils de Folque de Merle, descendant d’un compagnon d’arme de Simon de Montfort.

Sa fille unique fut mariée avec Raymond de Grave, puis leur fils Foulque de Grave reçu de Fouquet de Merle en 1400 ses possessions à condition que les Grave prennent son nom et ses armes.

   blason de la famille (de) Grave après 1405 

(écartelé au 1 et 4, d’azur au trois fasces ondées d’argent et au 2 et 3, d’or au cinq merlettes de sable, posées 2 en chef, 1 au centre et 2 en pointe).
(A.D.11,Mahul, Villegly, en salle de lecture)

Foulque de Grave aîné, n’ayant pas cru bon tenir les termes du contrat en ne joignant pas son nom à celui des Merle, c’est Hugues, le cadet qui reçu par testament les domaines, dont faisait parti Pennautier, en 1405. (B.N.F.,web, Histoire générale de Languedoc).

Vente en 1571 par Bertrand Rigaud de la coseigneurie de la directe royale à Jean Reich.

Localisation.

La localisation de la résidence castrale de la directe du roi se fait par détermination vis-à-vis de la muraille de la ville à l’Est, des rues au Nord et à l’Ouest, de la tour prison au Nord, des habitations privées attenantes au dit «château» au Sud. (Plan 05).

Compoix du XIVe siècle (1397).

«Maîstre Bernard Essault pbtre (prêtre)(n° 02, plan 05) a reconnu tenir du roi notre sire une maison assise dans le fort dudit lieu et lieu-dit à portail Damon, confrontant d’Autan les murs dudit lieu, Cers vie (la rue), Midi le château du seigneur de Villegly et Aquilon avec Guilhem Calvy». (n°01, plan 05).
(A.D.11,124J532)

Même compoix.

«Reconnaissance de Pierre Ramond (n°05, plan 05), agissant comme tuteur des enfants de feu Gautier Joliereix, maçon de Pechnautier de son vivant, tient une maison, assise au lieu, confront d’Auta avec la muraille du lieu, de Cers avec voie et Garaud Pech, de Midi avec Jehan Canauchets (?) et d’Aquilon avec le roi notre sire».

Sur une traduction de 1578 d’une reconnaissance de 1397 en latin, Pierre Gros (n°05, plan 05), déclare posséder une moitié de maison dans le lieu al four nau, étant Autan la muraille du fort, Cers Bernard Miran, Midi Jean Boyer et tenancier de l’autre moitié, Aquilon la maison du seigneur de Villegly.
(A.D.11,124J532) (Pierre de Grave, seigneur de Villegly du l’acquérir plus tard car était en sa possession avant 1607).

Sur un acte de l’hommage rendu au roi en 1414, par les mains de Chalucio sénéchal de Carcassonne, Bernard de Boyer, déclare posséder un hostal avec une tour et un pigeonnier dans le fort de Pennautier.

Extrait du dénombrement de Jean de Grave le 20 novembre 1493. (A.D.11,124J545)

Déclare possédé un très vieux château grandement ruiné et quasi inhabitable, confront d’autan la muraille du lieu, cers le chemin (rue), midi Sieur de Tallaissac (n°09 plan 05), Pierre Gros (n°05, plan 05), les héritiers de Bernard Miran (n°11, plan 05) et Rouger Cazanen (n°10 plan 05) et Aquilon la rue et les prisons dudit sieur de Pechnautier.

Extrait du dénombrement de Sieur Bertrand Rigaud en 1537.

«J’ai un cazal noble que l’on dit être le château et n’y a que les murailles encore toutes en ruine duquel pour ce qu’en inutile n’en prend aucun profi bien en vray que d’un costé dudit cazal y a une tour découverte qui aussi s’en va en ruine au bas de laquelle y sont les prisons de laquelle n’en fay aucun profi car en inhabitable».
(A.D.11,124J555)

1607, une reconnaissance de Bernard Miran (n°11), d’une partie de maison à la rue del Castel Vieil ou encore al four nau, d’Auta hoirs de Pierre de Grave (n°05, plan 05), Cers Dominique Jalabert (n°10, plan 05) et tenancier de l’autre partie, Midi la rue, Aquilon le château du seigneur de Villegly (1607, Anne de Grave).
(A.D.11,124J517/Page 15, N°115)

En consultant le compoix du village des années 1620, on trouve une parcelle appartenant au sieur de Villegly (Anne de Grave) tenant une maison et pattus dans le lieu confrontant d’Autan avec la muraille de la tour des prisons du roi, de Cers avec la carrière, au Midi, Guilhaume Cazanave, Georges Born, Louis Cazanen et les héritiers de Bernard Miran, à Aquilon, la dite tour prison du roi et autre carrière, contenant en tout cent nonante sept cannes (197) au noble, plus de 351m2.

Après 1621 (décès de Noble Anne de Grave), la souveraine cour du parlement de Toulouse, fait savoir à tous, que Damoiselle Marguerite de Bellisen veuve de Noble Anne de Grave de son vivant seigneur de Villegly, possède une maison que l’on dit être le château de Villegly, édifiée de 4 murailles bâties de pierre et de chaux, de la hauteur de 6 canes (10,70m) ayant 10 canes de long (17,85m) et 9 canes de large (16m) avec une basse-cour, un grand cazal n’ayant que les 4 murailles fort ruinées et un grand jardin.

            blason des (de) Bellissen

Elle possède aussi deux autres cazals joignant, une grosse tour le tout découvert et les quatre murailles fort ruinées. Comme aussi un corps de maison avec un grand plancher ayant 6 canes de long (10,70m) et 5 canes de large (9m), par-dessous le plancher, un grand salon fort ruiné et deux petites chambres ayant deux canes de côté (3,50m) une au coin du Cers, une autre au coin du midi.

Plus une grande tour aillant 12 canes de hauteur (21m), fort démolie depuis le haut jusqu’au tiers.

La tour confront, d’Autan la muraille de la ville, Cers la carrière, Midi elle-même (Marguerite de Bellissen), Aquilon la rue.






La tour prison du roi. (n°03, plan 05)

La tour prison du roi accolée au nord du cazal noble appelé château de Villegly, eu certainement aussi la fonction de donjon comme le montre bien d’autre tour prison.

Reconnaissance datée de 1397, copie après traduction en français daté de 1578.

De Guillalmette Casavente d’une moitié de maison (n°2 plan 05) dans ledit lieu de Pennautier, au lieu dit Al Four Nau, qu’a été de Jean Bonnal et par lui déclaré aux reconnaissances au roi, d’Autan avec la muraille de la ville, Cers avec la rue publique, Midi la tour des prisons du roi et Aquilon Adrien Pennavaire (n°1 plan 05).

Elle avait en 1660 une hauteur de 12 canes, soit en mesure de Carcassonne à cet époque là, 12 par 1.785m. = 21,42 mètres ce qui en faisait un donjon digne de ce nom.

En 1679, dans la série B concernant les affaires de justice on constate qu’après un procès, un individu fut conduit dans la prison du roi à Pennautier.
(A.D.11, B1947)

En consultant le compoix de 1720, cet emplacement appartient au sieur Jean Coste, superficie 21 canes carré (~40m2) et est appelé chay ou cave.

Dans l’acte établi par la cour souveraine du parlement de Toulouse les biens hérités de Damoiselle Marguerite de Bellissen (blason n°3) veuve de noble Anne de Grave, dit Monsieur de Villegly, on trouve une dénomination exacte de la tour prison accolée et tenant au château.

Aujourd’hui elle est toujours visible au n°17, boulevard Pasteur, l’appareillage de sa maçonnerie d’une grande rigueur et d’une qualité d’exécution supérieure montre l’importance de son rôle défensif et stratégique.

La technique de construction utilisée permet d’estimer sa datation au XIIe ou XIIIe siècle.

On peut encore distinguer la forte épaisseur des murs de celle-ci ainsi que la délimitation de la partie ruinée puis de la reconstruction.

Au 1er étage actuel on remarque la marque de la voûte en plein cintre du rez-de-chaussée de la prison, les anciennes ouvertures et les trous des poutres supportant un ancien niveau.

Elle était juste ouverte au rez-de-chaussée par une porte étroite en plein-cintre côté bourg, des fenêtres étaient pratiquées seulement à l’étage, sur la face Est, côté faubourg on distingue encore les vestiges des latrines de la garde.

Elle avait la fonction de tour prison et donjon (?) se trouve sur l’ancien rempart Est et au sud de la porte d’Amont.

Le portail à deux battants donnant sur le boulevard est d’une construction récente.

 

L’alleu patrimonial.

Ensemble castral noble, maisons nobles, basse-court.

Possession.

C’est Papin (Pajude-Pabine) de Goutaud qui acquit ce fief en franc alleu vers 1372. (A.D.11,124J546)

Puis le fief passa dans la maison de noble Bernard de Corsier en 1389, coseigneur de l’alleu patrimonial, ensuite vint son fils Raymond de Corsier en 1462, lui aussi coseigneur, enfin nous retrouvons en 1493, Bertrand de Corsier qui est coseigneur avec Pierre de Saint André, juge-mage de Carcassonne et président au parlement de Toulouse, ambassadeur du roi Louis II, mort à la bataille de Pavie le 24 février 1524.
(A.D.11,124J546)

Après la mort de Bertrand de Corsier, sa veuve, Magdeleine de Pène et son fils Pierre de Corsier seigneur de Corbayrau acquirent certaines coseigneuries jusqu’en 1503.

Geoffre(*) de Corsier vendit en 1531 le dit fief au sieur François de Saint André, conseiller du roi au parlement de Paris et président à mortier(*).

(*) Président à mortier, charge du magistrat de la plus haute autorité, il supervise les présidents de l’institution de justice la plus importante du royaume. ‘’les parlements’’ sont le degré suprême d’appel.

(*) Geoffre de Corsier et Charles de Corsier, père et fils firent un procès à Magdeleine de Pène et Bertrand son fils et héritiers de Bertrand, dès 1423 car son mari et père de ses derniers, frère et oncle des premiers leurs devaient dix mille livres, dix sept sols et six deniers suite aux droits de succession qu’ils prétendaient recevoir par arrêt du parlement de Toulouse.

L’alleu patrimonial (compris Sessera, le moulin et Boscasse) passa aux mains de Pierre (deuxième du nom) de Saint-André, seigneur de Montbrun, président au parlement de Paris, (par acte du 12 novembre 1576 et du 11 février 1577, retenu par Me Abric, notaire à Carcassonne, ratifié à Paris par les héritiers de messires François de Saint-André et Pierre de Saint-André les 31 mars, 6 et 9 avril 1580, devant Me Mathurin Nutral et Me Rolland Orte notaires aux Chatelet.
(A.D.11,124J546)

Localisation.

La localisation de l‘enclos castral de l‘alleu patrimonial est déterminée par les dénombrements des seigneurs déclarés au roi.

Certaines indications citent des possessions que les seigneurs précédents ou de leurs familles ont gardé, ainsi que des propriétés appartenant à des particuliers (après 1620) et appelées encore «au noble».

  
localisation de l'ensemble castral de l'alleu patrimonial

Les seigneurs qui possédaient le fief de l’alleu patrimonial nomment leurs possessions dites «au nobles» (exemptés d’impôts de taille) et en roture (sujettes à la taille), montrent que l’enclos castral se «confront» à l‘Aquilon (Nord) par l’église et de la porte Naval ou du Fresquel, à l‘Autan (Est) la rue Janenque (rue Honoré de Balzac), la maison presbytérale, des maisons appartenant aux familles des anciens seigneurs, au Midi (Sud) de la muraille Sud, la tour et le bâtiment de la Mirande, enfin au Cers (Ouest) de la muraille Ouest.

En 1583 et 1599, Noble Bertrand de Reich, seigneur de Puynautier, possède une maison, tina, colombier et pattu dans le fort du lieu.(n°06, plan 04) (La Mirande)
(A.D.11,124J498)

Noble Bertrand de Reich, possède une maison, pigeonnier et ciel ouvert joignant la place du Coustou, confront d’Autan Guillaume et François Salard frère, de Cers et du Midi les murs de la ville, d’Aquilon le Coustou, contenant la maison 52 canes et demi, le pigeonnier 5 canes et le ciel ouvert 2 canes et demi, soit 54 canes ou 2 coups (172m² ). (n°06, plan 04)

Noble Bertrand de Reich, sieur de Pennautier, une maison dans l’enclos de ladite ville et un pattu tenant qui contient 29 canes et demi, confront d’Autan ledit sieur, Cers la muraille de la ville et ledit sieur, Midi ledit sieur, Aquilon la rue tirant al portal naval.(n°09 et 9‘,plan 04) (disparu en 1667 par la construction de la manufacture).
(A.D.11,124J498)

Noble Bertrand de Reich, pour sept quatrières contenant 112 cannes et demi (358m² ), confront d’Autan la rue, Cers la muraille de la ville et ledit sieur, Midy le Coustou, Aquilon ledit sieur. (n°07, plan 04) (disparu en 1667 par la construction de la manufacture).
(A.D.11,124J498)

Noble Bertrand de Reich, une maison bordée par un jardin, une petite orte et une tour (?Tour-porte Naval?), contenant 268 canes (853m² ) et en jardin ou petite orte sept quatrières et trois pugnières, confrontant d’Autant sieur de Villegly, Cers muraille et cave, Midi la rue publique et le Coustou, Aquilon ledit sieur de Pennautier. (situation n°08 & 07, plan 04) (disparu en 1667 par la construction de la manufacture).
(A.D.11,124J498)

Au XVIe siècle. Noble Bernard de Reich déclare posséder des biens nobles. Une maison devant l’église qui est au noble, confrontant d’Autan le passage de la cappellanie, Cers Pierre Tourron, Midi la dite cappellanie, Aquilon la rue et ladite église. (n°04, plan 04)

Et

Autre maison noble, cazal noble, d’Autan et Aquilon les rues, Midi aussi rue, Cers les fossés de la ville et murailles. (n° 07, 08, 09, 10, plan 04) (A.D.11,124J559)

En 1675, Henri de Reich seigneur de Pennautier, possède une maison, un pattu et un jardin, le tout joignant à la porte Naval, confront d’Auta la rue, de Cers la muraille du fort, Midi Paul Pradeilhe (n°11, plan 04), Jacques Fraichinet (n°12, plan 04) et le Coustou et Aquilon la rue tirant al portail Naval. (n° 07, 08, 09, 10, plan 04) (disparu en 1667 par la construction de la manufacture).

En 1678 et 1681, Pierre Fraissinet, tisserand, une maison au noble devant l‘église, confront, d’Autan la maison presbytérale, Cers Guillaume Belloc, Barthélémy Sémat et Guillaume Cahuzac, Midi ledit Guillaume Belloc, cabalquière entre deux, Aquilon la rue, Contenant 15 canes. (n°04, plan 04) (n°1, disparu par l’agrandissement de l’église en 1853).

En 1678 et 1681, Guillaume Belloc, une maison et un pattu au noble, confront, d’Autan, la maison presbytérale et sieur Pierre Fraichinet, Cers et Midi les rues, Aquilon Barthélémy Sémat et ledit Fraissinet, cabalquière entre deux, contenant 42 canes. (n° 05 et 05‘, plan 04)

Guillaume Cahuzac, fol.71, art.1, brassier, une maison devant l’église, confront, d’Autan le sieur Pierre Fraichinet, Cers la rue, Midi Barthélémy Sémat, Aquilon la rue allant à l’église et ledit Fraichinet, contenant 13 canes, le pattu joignant ladite maison 9 cannes. (n°11, plan 04) (disparu par l’agrandissement de l’église en 1853).

Barthélémy Sémat, fol.126, art.1, brassier, une maison proche del Coustou, confront, d’Autan le sieur Pierre Fraichinet, Cers la rue, Midi Guillaume Belloc, cabalquière entre deux, Aquilon Guillaume Cahuzac, contenant 16 canes. (n°12, plan 04)

Nous trouvons aussi sur le dossier concernant Messire Henri de Reich seigneur de Pennautier et d’un litige entre voisins, un plan représentant les parcelles au sud de l’église plusieurs explications sur l’historique des différentes parcelles de ce tènement.

Avec des indications des compoix de 1493, 1584, 1599, 1625, 1678, 1681, 1708.
(A.D.11,124J410)

Détails de ces indications:

N°02 et 03, plan 04.

Compoix de 1681, maison presbytérale et jardin attenant, appelé pour confront., maison en 1584 et 1625, jardin en 1584, passage (cabalquière) au bord de la maison coté Cers, pour accès au jardin en 1584 et 1625. (au noble).

N°04, plan 04.

Compoix de 1681, Pierre Fraissinet, maison au noble dans le lieu et devant l’église, contenant 15 cannes.
Compoix de 1678, Pierre Fraichinet, tisserand, possède une maison dans le lieu et devant l’église au Noble, confronte d’auta la maison presbytérale, au Cers Guillaume Belloc, Barthélémy Sémat et Guillaume Cahuzac, au Midi ledit Belloc, cabalquière entre deux, Aquilon la rue, contenant 15 cannes.
Compoix de 1641, Hugues Fraissinet par acte.
Compoix de 1625, Monsieur de Pennautier, une maison dans le lieu, contenant 15 cannes, folio 2, art. 13, au fournier 9.
Compoix de 1599, Dame Jeanne de Reich, confront.
Compoix de 1584, Mademoiselle Rigaudy, une maison contenant 28 cannes,
folio 18 au fournier 14.
Compoix de 1493, Jean de Loyamer, maison au roi et au fief de Sesseras.

N°11, plan 04.

Compoix de 1625, Monsieur de Pennautier, une maison près de l’église contenant 13 cannes.
Compoix de 1584, Antoine Bésau, une maison contenant 19 cannes, en marge «le tout en ruine», fol. 54 de la page.

N°11, plan 04.

Compoix de 1625, Antoinette Bousquié veuve François Soubira, une maison contenant 15 cannes ¾ .
Compoix de 1599, habitation de Jean Dufaux, Pattu ruiné, contenant 11 cannes 1/8.
Compoix de 1584, sieur Moutu, une maison contenant 18 cannes, folio 52 de la page.

  


N°12, plan 04.

Compoix de 1708, Guillaume et François Delsol.
J?P? (Jean-Pierre) Falcou, maison contenant 10 cannes ¼.
Compoix de 1681, Barthélémy Sémat, maison dans le lieu et proche le Coustou, contenant 16 cannes ½, folio 126, art. 1 au plan 2
Compoix de 1625, Jean-François Esquirol, maison contenant 18 cannes et patus fermé 5 cannes ½.
Compoix de 1599, 17 cannes, Autan Dame Jeanne de Reich, Cers la rue, Midi (?) de Pennautier, Aquilon hoirs dudit Jean Dufaux, folio 16-2.
Compoix de 1584, Monsieur André Corsier, maison contenant 24 cannes, folio 18, plan 15 et folio 15 de la page (?) à présent Cazal (?).
Compoix de 1493, (?) au roi, maison au noble al Coustou.

N°05, plan 04.

Compoix de 1681, Guillaume Belloc, maison et patus dans le lieu au noble, contenant 42 cannes.
Compoix de 1678, Guillaume Belloc, possède une maison et un pattu joignant dans le lieu au noble, confronte d’Auta la maison presbytérale et Pierre Fraichinet, Cers et Midi la rue, Aquilon Barthélémy Sémat et ledit Fraichinet, cabalquière entre deux, contenant en tout 42 cannes.
Compoix de 1654, Barthélémy Desplas par donation de Dame de Pennautier.
Compoix en 1640, Monsieur de Pennautier possède une maison avec pattu confron d‘Autan maison presbytérale, Cers et Midi la rue, Aquilon Monsieur de Pennautier et Pierre Tourron, contenant 42 canes au Noble.
Compoix de 1625, une maison dans le lieu provenant du roi de France et pattu contenant 42 cannes.
Compoix de 1599, hoirs de Monsieur de Corsier, maison à la rue del Coustou.
Compoix de 1584, Messieurs Nobles Rigaudy, maison al Coustou.
Compoix de 1493, Noble Bertrand de Corsier.

Il est à noter que deux passages «cabalquière» sont indiqués entre la parcelle 1 et 10, 3 et 9, plus deux autres entre les maisons accolés à l’Est de l’enclos castral.


La Mirande.

Ce bâtiment et sa tour, situés à l’extrême sud de la place du Coustou faisaient partie de l’ensemble seigneurial et bien que n’étant pas noté au XIVe siècle comme «au noble», ils le furent plus tard, par la perte de la noblesse de l‘ensemble castral du roi et accepté par les consuls. (n° 06, plan 04)

                           

La dénomination du mot «mirande» se traduit par maison construite sur une hauteur pouvant être fortifiée ou étant sur les fortifications d’un lieu et servant à surveiller les alentours.

Elle pouvait aussi avoir la fonction de grenier seigneurial afin d’entreposer les grains et autres stocks des seigneurs. (exemple dès 1600 matériaux de la tuilerie, en 1690 ceux de la manufacture de draps)

Elle servit de magasin de stockage des laines de la manufacture puis des textes montrent que les seigneurs puis les châtelains la bailla comme remise aux fermiers du moulin et de la tuilerie. (A.D.11,124J686/124J692)

Pour notre village, il s’avère que ce bâtiment se trouve être positionné entre l’ancienne tour-porte (carrée) Janenque (entrée sud de l’actuelle rue Honoré de Balzac) et la dite tour-pigeonnier (ronde) au sud-ouest existante encore aujourd’hui.

Un escalier en colimaçon desservant la salle municipale au rez-de-chaussée et mezzanine, le théâtre «Na Loba» au 1er étage y est construit (rez-de-chaussée sur le Coustou) .

Elle est placée au sud, sud-ouest de notre village et était face à la route de Carcassonne, surplombant la rivière de Fresquel et la plaine où fut construit le château actuel.

Les tours Mirande en générale n’avaient nullement besoin de fenêtres car la surveillance des alentours se faisait grâce au soulèvement de trappes sur les toits de ces dernières.

Le théâtre est en partie construit sur l’emplacement de notre Mirande.

Il est cependant important de noter l‘élément circulaire bâti en pierre de taille appelé «raudière» et qui se retrouve sur les silos à grains en général et les pigeonniers en particulier.

  

Situé au dessous de toutes les ouvertures de la construction, il avait pour fonction de barrer le passage aux rongeurs prédateurs des grains et des œufs. (Les ouvertures, porte et fenêtres ont très certainement été pratiquées postérieurement).

Il est dit sur une délibération du conseil politique lors de la Révolution que la tour ronde devait être rabaissée car sa hauteur était un outrage au peuple citoyen.

(La grande hauteur donnait la symbolique de la puissance du seigneur du lieu, telle la verticalité des églises et cathédrales montrait la puissance de la religion). (A.D.11,4E279/1D16)