Les moulins, les fours, la fargue, la forge.

 

Les «services» banaux, privilèges seigneuriaux.

La localisation des propriétés était inscrite comme suit les exemples donnés pour la localisation du four, forge, moulin, purgatoire, presbytère, maison du sergent royal, à savoir, par exemple: une maison à la porte de l’Estrade, confront d’Autan hoirs(*) de Pierre Miran, Cers la porte de l’Estrade, Midy la rue, Aquilon la muraille de la ville .

C’est le cas pour notre commune qui pouvait compter une(des) forge(s), un(des) four(s), un (des) moulin(s), appartenant au(x) seigneur(s).

Ces lieux étaient appelés «banaux et nobles», la forge Bannière, le four banal, le moulin banal.

Les habitants avaient l’obligation de s’y rendre et payaient le service au seigneur.

Ces taxes appelées droit de fournage, droit de mouture, droit de forge.

Ces «services» étaient baillés à un fermier qui était tenu de préserver ledit «service et privilège» en bon état de fonctionnement.

De lourdes peines d’amende frappaient tous ceux qui tentaient de s’y soustraire.

Reprenant les descriptions sur plusieurs de ces dénombrements et les transcrivant pratiquement intégralement, vous lirez dans ces prochaines lignes certaines informations qui se répètent.

(*) «hoirs», héritiers.

 

Les fours:
 le four «nau», le four «vieil» banal et noble.

La consultation de plusieurs compoix(*) datant des XIVe, XVe et XVIIe siècles montre que le village avait compté pas moins de deux fours appartenant aux seigneurs se partageant le fief du lieu.

Le four vieil. (plan 08)


le four vieil, appartenant au roi et à l'hôpital de Pennautier, puis aux seigneur de l'alleu patrimonial

Venant de l’alleu patrimonial (fief Corsier, Séseras, St.André).

Le fief de l’hôpital de Pennautier avait une part du droit de fournage. (impôt sur la cuisson du pain)

Plus un four banal (n°01, plan 08)(celui qui est dit vieil), pattu fermé (n°03, plan 08) et bûcher (n°02, plan 08) dans le lieu, confrontant d’Auta (Autant-Est) le sieur Bernard Vialan et François Rouger, du Midi (Sud) la rue, le purgatoire(*) et ledit Vialan, de Cers (Ouest) Antoine et Bernard Pennavaire, le purgatoire, Jean-Pierre Delsol et (les) héritiers de Pierre Miran, d’Aquilon, le purgatoire et la rue de l’Estrade (rue Victor Hugo) contenant les couverts 37 canes(*), mesure de Carcassonne (117,77m² ), les pattus fermés dix huit canes trois quart (60m² ), en tout cinquante six canes et demi ou deux coups.

Plus il lui appartient, la banalité(*) du four situé dans le lieu de Pennautier, auquel tous les habitants dudit lieu et juridiction sont obligés de faire cuire leurs pains et de payer le droit de fournage(*), sur le pied de 20 pains, un pain pour ledit droit, suivant l’usage immémorial de laquelle bannalité ledit seigneur jouit les 4/5e étant au lieu et place du roi et 1/5e comme ayant acquis ce droit et cause du fief de l’hôpital de Pennautier acquis par le seigneur.

(Hôpital de Pennautier fut réuni à l’hôpital général de Notre Dame du Bout du Pont de Carcassonne le 11 janvier 1695 à cause de ses revenus insuffisants).

Un four bannal (vieil), pattus fermé et bucher dans le lieu, confrontant, d’Autan le sieur Bernard Vialan et François Rouger, du Midi la rue, le purgatoire et ledit Vialan, de Cers Antoine et Bernard Pennavaire, le purgatoire, Jean-Pierre Delsol et les héritiers de Pierre Miran, Aquilon le purgatoire et la rue de l’estrade, contenant, les couverts 37 canes ¾, les pattus fermés 18 cannes ¾, le tout 56 cannes et demi.

Reconnaissance du four banal en l’année 1473.
(A.D.11124J688)

En 1433, procès entre le coseigneur de Pennautier François de Saint-André et Jean Fabre condamné à payer la double amende de mouture, plus 100 sols tournois pour la mouture de 4 années antérieures. Sentence rendue par Pierre de Boyer Juge-Mage de la ville de Carcassonne et Pierre Fabre notaire. (A.D.11,124J688)

En 1539, Bertrand Rigaud, docteur de la ville de Carcassonne, coseigneur de la directe royale déclare qu’il possède le four bannier dont l’hôpital prend la 5e partie.

Le 30 août 1590, arendement(*) du four bannier par Bernard de Reich à Jean Laige marchant de Carcassonne.
(A.D.11,124J685)

Le 20 mai 1608, par arrêt du parlement de Toulouse rendu entre Messire Bernard de Reich et Jacques Jarla marchand de Carcassonne par lequel ledit Jarla est condamné de démolir le four qu’il à construit dans sa métairie et maintient la banalité du four dudit seigneur.

En 1643, Dame Louise de Claret de Saint-Félix arende le four bannier à François Vialan.
(A.D.11,124J685)

En 1647, Dame Louise de Claret de Saint-Félix arende le four bannier à Jean Cabayer, «marchand bollanger» du lieu de Villesèque au prix de septante deux livres (72) pour chacune des 5 années du bail.
(A.D.11,124J685)

En 1653, Dame de Claret femme de Bernard faisant pour son fils Henry de Reich le bail du four à Jean Cabayer, maître bolanger.
(A.D.11,124J685)

En 1699, bail de Monsieur de Pennautier à Antoine Monier, habitant de Pennautier.
(A.D.11,124J685)

En 1703, Messire Delamé, conseillé du roi à baillé à Antoine Noyer le four banal appartenant à Monsieur de Pennautier pour 180 livres. Il devra faire cuire le pain 3 jours par semaine, à savoir les mardis, les jeudis et les samedis. Il cuira sans rémunération supplémentaire tout le pain nécessaire au besoin du château.
(A.D.11,124J685)

En 1707, messire Pierre-louis de Reich de Pennautier, baille le four banal à Antoine Camps, maître boulanger, pour 5 ans moyennant 200 livres par an. Il s’engage à cuire tout le pain gratis pour le château.
(A.D.11,124J685)

En 1718, Monsieur de Sévin à Antoine Verdier, maître boulanger pour 300 livres.
(A.D.11,124J685)

En 1720, Messire Jean-Antoine de Sévin à Antoine Camps, pour 380 livres. (A.D.11,124J685)

En 1730, Messire Jean-Antoine de Sévin à Jean Dupoux, maître boulanger, habitant de Pennautier, pour 400 livres et 1735 à Antoine Camps, maître boulanger pour 400 livres.
(A.D.11,124J685)

En 1759, Dame Rose de Martiny, veuve de Jean-Antoine de Sévin, baille à ferme pour 9 ans à Guilhaume Salard, François Pennavaire tous les deux tisserands et Jean Fourn, maître boulanger pour 700 livres l’an. (A.D.11,124J685)

En 1770, facture de la reconstruction du four.
(A.D.11,124J685)

En 1777, Jacques-Amable de Baynaguet, baille à Antoine Falcou, Jean-Jacques Camps tisserands pour 1220 livres l’an. Une mention indique que les sieurs Jean Coste, tanneur de cuir, Jean Camps, Tisseur de draps et Guilhaume Caucal, aubergiste sont cautions solidaires.
(A.D.11,124J685)

Le 22 juin 1789, Jacques-Amable-Gilbert de Baynaguet baille à ferme le four aux sieurs Jean Teisseire maître boulanger, Antoine Falcou, Antoine Simonet tisseurs et Antoine Born, ménager pour 1475 livres l’an. Une mention indique que le bail fut modifié au 1er juillet 1790 suite à la Révolution Française.
(A.D.11,124J685)

 

Le four nau, (nouveau) (n°01, plan 09)

Appartenant à la directe du roi, proche du château de Monsieur de Graves de Villegly.

Nous trouvons dans une traduction de 1578 tirée des reconnaissances en latin de 1397, des habitants propriétaires, au seigneur, la possession de Guilhem Dupuy bourgeois , fils de Jacques Dupuy aussi bourgeois de Carcassonne, tient et possède une maison sise dans l’enclos du fort de Pennautier, lieu-dit «al four nau», confront d’Auta (Est) Guilhaume Ramond, Cers (Ouest) Ramond Blanquier, Midi (Sud) avec voie et Aquilon (Nord) avec le four dudit.

Le même four nau,

Jeanne, femme de Guilhem Cazeneuve tient et possède une maison dans le fort du lieu de Pennautier au lieu-dit «al four neuf», Autan (Est) ledit four, Cers (Ouest) Michel Joan, Midi (Sud) voie et Aquillon (Nord) Jean Cava….. (coin de page manquant).
(A.D.11,124J545)

Le 29 juin 1786 Antoine Fourcade est boulanger du lieu.

En 1793, dorénavant la cuisson du pain sera en contrepartie d’un paiement en argent à la place de ce qui existait auparavant d’un paiement en espèce d’un pain tous les 20 pains.
(A.D.11,4E279/1D17)

(*) «arendement», arrender, arenter donner en rente, louer, bail à ferme.

(*)«le purgatoire», un des lieux cité plus loin.

(*)«cane», unité de mesure, la cane de Carcassonne équivalait à 1,785 mètre linéaire ou carré 3,183m.

(*)«Banalité» cet adjectif qualifie une installation d’utilité publique d’origine féodale affermé par contrat entre le seigneur et des gérants «fermiers».

(*)«Fournage», A cette époque, les ménages pouvaient pétrir la pâte et en faire des boules, mais le droit de cuisson était le privilège des seigneurs.

(*)«compoix», registre contenant la liste des propriétaires et la situation du bien en nommant les voisins au nord (aquilon), au cers (l’ouest), à l’autan (l’est), au midi (le sud), parfois le tènement, la contenance, le métier du propriétaire et la taxe dont il devait s‘acquitter.

L’office de fournage était généralement cédé par le seigneur à un artisan cuiseur qui prenait en charge l’approvisionnement en bois, le stockage, les annonces de l’allumage du four, puis de l’enfournement, enfin de la fin de cuisson.

Si la cuisson était raté il en avait la seule responsabilité.

A la sorti du pain, les habitants pouvaient venir faire cuire, gâteaux, pâtés, viandes et autre mets, et ce gratuitement, aux seules envies de rémunérations volontaires de chacun.

L‘artisan en fournage put par la suite vendre ses propres boules de pain dans les boulanges, ils devinrent nos boulangers et boulangeries d‘aujourd‘hui.

(A.D.11, Dictionnaire des institutions des coutumes de la langues en Languedoc de Paul Cayla, imprimerie Paul Déhan 1964. cote 342.44 CAY).

 

La fargue du roi puis la forge bannière.

La fargue.

La «fargue» (forge) du roi intra-muros (n°07, plan 10), se situait au XIVe siècle à la porte Malheguet (porte de Castres) dans la rue de l’Estrade (rue Victor Hugo).

Une reconnaissance dater du 23e jour du mois d’août 1397, de Bernard Jean fils de Guilhaume, déclare tenir une maison dans l’enclos du fort dudit lieu, au lieu-dit l’Estrade, confront, à Aquilon (Nord) et au Cers (Ouest) les murailles de la ville, au Midi (Sud) ladite rue de l’Estrade et d’Autan (l’Est) «al fargue du roi» près la porte de la ville.
(A.D.11,124J498)

Reconnaissance de la forge bannière en date de l’année 1473. (A.D.11,124J688)

Actuellement ce bloc entouré de toutes parts par des rues montre un ensemble homogène mais on remarque les deux habitats qui le formait au XIVe siècle.

On distingue encore très bien l’architecture de la fin XIVe début XVe siècle.

Les seuils et la fenêtre à croisées encore existants montrent bien cette datation.

Il est à noter que ce même compoix (A.D.11,125J498) désigne certaines parcelles en face (n°08, plan 10), comme jardin, pattu ouvert ou fermé.

La fin de la rue était plus ouverte, elle avait moins de construction.

 

La forge.

Puis la forge sortit de l’enclos.

Situation cadastrale d’après compoix de 1681.

Plus une maison où est la forge bannière (n°06, plan 10) avec un patus(*) (n°6’) aux faubourgs(*), confrontant d’Autan (Est) et Aquilon (nord) lui-même (le seigneur), où sont les presses (n°05, plan 10), de Cers (Ouest) Jean Morel, du Midi (Sud) chemin, contenant les bâtiments quarante cannes(*) (127,32m² ) le jardin treize cannes et demi (52.5m² ), le tout cinquante trois cannes et demi.

Le 4 novembre 1650, Bernard de Reich baille par sa femme Dame Louise de Claret de Saint-Félix la forge qu’il tiens en lieu et place du roi à Jean Pathis, maître de forge.

En 1766, baille à sieur Jean Gros maître maréchal de forge pour 15 livres d’argent pour chacune des 9 années et 12 sestiers de blé par Messire Jean-Baptiste de Voisin fondé de pouvoir de Messire Amable-Jacques-Gilbert de Baynaguet.
(A.D.11,124J684)

Le 1er novembre 1810, baille entre messire Baynaguet de Pennautier et sieur André Laleiney pour un loyer de 10 sestiers de blé annuel.
(A.D.11,124J684)

Plus il a le droit de forge bannière sur tous les habitants dudit lieu et terroir de Pennautier tenant arrois(*) comme étant au lieu et place du roi.

Ledit droit consistant à raison de ¾ de blé froment dû pour chaque «arrois» de bœuf, de six pugnières(*) de blé froment (soit 41,1 litres) pour chaque arrois de chevaux, juments, mules et mulets.

Payable audit seigneur comme étant au lieu et place du roi ou à son maréchal, savoir la moitié le jour et la fête de Noël, l’autre à notre Dame d’Août et ce à raison de ladite forge bannière pour laquelle ledit seigneur a accoutumé de tenir aux habitants un maréchal, lequel est obligé de forger, chausser et accommoder les reilhes pour le labourage desdits habitants.

Savoir chausser une fois l’année tant seulement les reilhes(*) de bœufs avec trois livres(*) et demi de fer et celles des chevaux, mules et mulets avec deux livres et demi de fer.

Ledit fer fourni par chaque habitant.

Il est tenu aussi de faire tous les clous nécessaires aux serrements des arrois en fer desdits habitants.

Ensemble (aussi) d’aiguiser une fois l’année tant seulement, un fessal(*) et austel(*) de l’arrois et un aissadou(*).

À chacun des dits habitants moyennant lequel maréchal pour chausser et aiguiser leurs reilhes et dans le cas (où) ils vinrent à le faire, ils sont obligés de payer également audit seigneur ou à son maréchal, à moins que ce ne fusse (par) la faute dudit seigneur ou de son maréchal ne résident pas audit lieu.

Année 1598, Géraud Lobet, maître maréchal de forge.
(A.D.11,124J498)

Année 1642, Raymond Miran, maître maréchal de forge.
(A.D.11,124J686)

Année 1650, Jean Pathes (ou Pathis ou Pathise), maître maréchal de forge. (A.D.11,124J684)

Année 1680, Pierre Gros, maître maréchal de forge.
(A.D.11,124J576)

Année 1685, Etienne Fauré, maître maréchal de forge.
(A.D.11,124J576)

Année 1900, monsieur Jordy, maréchal ferrant.
(A.D.11,4E279/1D26)

(*)«faufourg», quartier du proche extérieur des remparts du village.

(*)«canne carré»: de Carcassonne: 3,183m² .

(*) «pattu»: ou patu ouvert ou fermé d‘une clôture: cour ou jardin attenant la maison.

(*) «arroir»: train de labour, ensemble formé par l’attelage et l’instrument de labour.

(*)«pugnière»: mesure de capacité correspondant à 1/16e de sétéré (sétier de Carcassonne =109,6 litre), soit 6,85 litres).

(*)«reilhe»: corps de charrue, d’araire.

(*)«livre»: de Carcassonne: valant 407,192grammes.

(*)«fessal»: (pas trouvé).

(*)«austel»: (pas trouvé).

(*)«Aissadou ou Aisadou»: petite bêche, sarcloir, plus petit que l’aisade qui est une bêche ou sarcloir de bonne dimension servant à l’entretient des fossés.

 

Le moulin noble et bannier (assis sur le Fresquel).

Le moulin à eau. (plan 11)

Il n’existe pas à notre connaissance de document relatif à la construction du moulin de Pennautier, toutefois les études réalisées dans ce domaine démontrent que déjà les Romains avaient su profiter de la force motrice des cours d’eau dans le département, mais la prolifération des moulins à eau (et à vent) fut importante à partir de l’an 1000 et continua fortement lors des XIe et XIIe siècle.

La rivière de Fresquel comptait aux XVIe siècle, huit moulins, comptant de une à trois meules.

     
         l'ancien moulin nable et banier           le foulon puis filature mécanique de laine

Ledit moulin, dépendait anciennement du roi de France puis fut rattaché à la directe de l‘alleu patrimonial.

Le plus ancien texte connu sur la présence du moulin (à eau) qui se trouve sur le Fresquel date de 1397.

Reconnaissance de Guillaume de Abaluto de Bruguerolle, le second jour du mois de juillet 1397 qui reconnait tenir du roi comme légitime administrateur des enfants de feu son fils Jean, la moitié d’un moulin «tournal» assis dans le terroir dudit lieu de Puynautier.

Le moulin se confrontant de toute part avec la rivière de Fresqueil pour laquelle moitié, il est tenu de donner et payer au roi avec François Purqual tenant l’autre moitié, à chaque fête de la Noël, un setier de froment et 4 livres 50 sols tournois.

Avant 1479, le moulin était baillé par le roi, pour sept setiers de froment, à un nommé Michel

Thoron pareur de drap, il le laissa choir et tomber en ruine du fait d‘une location trop élevée.


la passerelle de la "machine"

Puis il fut baillé à Rougé Raffin de Carcassonne pour six setiers par an, lequel semblablement le laissa choir du fait de la « chèreté » du bail.

Par delà il fut mandé au trésorier de Carcassonne et au Procureur de domaine du Roi de faire la visite et le devis de la réparation du moulin.

La réparation couta cinquante écus d’or et il fut baillé à Maître Jean Fonte, licencié en droit et demeurant à Carcassonne le 4 novembre 1478, au prix de dix setiers de blé ou cinq livres tournois de censive annuelle.

Mais ledit moulin ne lui étant nullement nécessaire pour certaines et justes causes à ce moment là, il fut remis à Sieur Guillaume Guillermin.

À cette période (1490) les seigneurs engagistes des fiefs de Pennautier ne possédaient pas la jouissance dudit moulin.

Etant noble et banal il fut inféodé(*) par les trésoriers de France à Guillaume Guillermin, Sergent Royal de la cité de Carcassonne, le 2 janvier 1479 sous l’albergue de franc-fief de 5 livres annuelle au roi payable à la fête de la Noël, le premier terme de paye commençant à la Noël de l’an 1480. (A.D.11,MAH.T.VI-2, d’après parchemin original au château de Pennautier)

 


le moulin battant, assis sur le Fresquel et son foulon

Ce dernier cède au profit dudit seigneur à droit et cause par la vente, comme faisant parti des droits inféodés à Noble Pierre de Saint-André, professeur, qui acquit ledit moulin (n°01, plan 12), la maison du meunier attenante (n°02, plan 11, p.48) et ses écuries (n°3, plan 11, p.48) avec un breil(*) joignant (n°06 et 09, plan 11, p.48) dudit Guillaume Guillermin par acte du 07 septembre 1490 pour 100 écus d’or et l’albergue de 5 livres.

Il le joignit à son fief auquel il est demeuré depuis. (A.D.11,124J688)

Le lods (moyen-âge) de la vente fut payé aux trésoriers de France le 30 avril 1491 avec la reconnaissance consentie par ledit de Saint-André, sous la redevance de 5 livres en faveur du roi, dans le même acte devant Me Egide Fécot notaire.

Ledit moulin se trouve compris comme noble et bannier dans le dénombrement de Messire François de Saint-André de l’an 1529. (A.D.11,124J559)

Lequel fief et moulin faite à ses auteurs par les héritiers du sieur de Saint-André, président au parlement de Paris par deux différents actes des 12 novembre 1576 et 11 février 1577, retenu par Me Alric notaire de Carcassonne.

Le 12 novembre 1576, les héritiers de Messire François de Saint-André vendent à Messire Pierre de Reich de Pennautier le moulin pour 7.500 livres par devant Me Alric notaire. (A.D.11,124J686)

Ladite vente approuvée et ratifiée par les héritiers dudit Sieur de Saint-André par trois différents actes des 31 mars, 6 et 9 avril 1580 devant Me Mathurin Nutrat et Roland Orte notaires au Chatelet à Paris.

Dans les hommages de Messire Bernard de Reich de l’année 1635.

Baille à ferme en 1642 par Bernard de Reich au meunier Germain Pontnau du moulin. Caution solidaire Raymond Miran Me maréchal de forge. (A.D.11,124J686)

              
accès par la place de la "machine"         bouche d'entrée d'un des deux meules

Il se trouve également compris comme noble, bannier et patrimonial, dans le dénombrement de Messire Henry de Reich le 24 octobre 1675 par l’acte du 13 décembre 1479.

En 1678, Henry de Reich baille le moulin à Raimond Lalune meunier originaire de Pezens pour l’albergue de 100 sols et 200 livres annuel.

Henry de Reich fait construire le moulin à vent en 1681. (route de Villemoustaussou et avenue René Cassin). (A.D.11,124J686)

Dans les hommages de Messire Jean-Antoine de Sévin Mansancal de l’année 1722 et de son dénombrement de l‘année 1729.

Ledit moulin avait été baillé en locatérie perpétuelle à Jean Delsol meunier par Pierre-Louis de Reich, par acte du 18 août 1696, moyennant la rente annuelle de 115 setiers de blé. (115x64,21=7384kg) (A.D.11,124J686)

Jean-Pierre Delsol meunier, déguerpit(*) ledit moulin au seigneur par acte du 2 août 1763.

Enfin, par arrêt de la cour des aydes de Montpellier du 18 juin 1765, ledit moulin avec ferrajal ont été réunis noblement au fief dudit seigneur.

Etant encore à observer que ledit moulin et ferrajal avaient été baillés à locatérie perpétuelle par le seigneur de Pennautier (Pierre-Louis de Reich) à Jean Delsol meunier dudit lieu par acte du 18 août 1696 moyennant la rente annuelle de cent quinze sestiers de blé et lesdits moulin et ferrajal ayant été déguerpis par Jean-Pierre Delsol des mains de feu messire Jean-Baptiste de Baynaguet de Saint-Pardoux père du dénombrant par acte du 2 août 1763.

Ledit sieur de Saint-Pardoux les fit réunir noblement à son fief par arrêt de la souveraine cour des comptes, aydes et finances de Montpellier du 18 juin 1765.

En 1767, Jean-Pierre Delsol ayant déguerpi le moulin et étant décédé, c’est sa veuve Marie Poulaille qui baille à Messire Amable-Jacques-Gilbert de Baynaguet pour 6 ans les moulins à eau et à vent pour 1.600 livres par an. (A.D.11,124J686)

Autre reconnaissance, un moulin noble et bannier, faisant partie du fief noble, dit de Sesseras, pour moudre le blé et autres grains, ensemble un moulin et foulon(*) aussi noble joignant, tous les deux assis sur la rivière de Fresqueil (Fresquel) avec un ferrajal(*) (n°08, plan 11, p.48) de la contenance de deux quatérées et un breil(*) formant une ile dans la dite rivière, dans laquelle il y a un petit bâtiment servant de volaillère, le tout également noble, comme aussi une chaussée(*), bézal(*) (n°10, plan 11, p.48) pour conduire l’eau desdits moulins et canal(*) (n°7 et 7’, plan 11, p.48) servant à donner l’issue à l’eau desdits moulins à la dite rivière.

Comme aussi il est déclaré noble, bannier et patrimonial avec la cote du droit de mouture et conditions exprimées ci-contre par les reconnaissances générales de la communauté (consuls) de Pennautier des années 1493, 1610, 1681, 1742.

De 1783 à 1790, Jean Roux meunier tiens les moulins.

Autre mention sur un compoix:

Idem un moulin banal à deux meules moulant sur la rivière de Fresquel avec breil joignant «al barry» dudit lieu, confronte, d’Autan (Est) chemin et le vacant dudit moulin, Cers (Ouest) Midy (Sud) et Aquilon (Nord) ladite rivière, contenant: le moulin trente cannes (de Carcassonne) (30x3,183=95,50m2) et le breil, deux cartérées.

En 1807, Jacques de Baynaguet baille à Joseph Tessou et Jalabert les moulins pour 120 setiers de blé. (A.D.11,124J686)

En 1813, Jacques de Baynaguet baille à Étienne Laffon et Jean Vieu son beau-père pour 135 setiers de blé par an. (A.D.11,124J686)

En 1816, Dame Louise-Magdeleine d’Aurelle de la Champelière baille à sieur Pierre Joucla serrurier le moulin et le local de l’ancien foulon, ainsi que le moulin à vent. (A.D.11,124J686)

Entre 1816 et 1825, le sieur Pierre Joucla devra tenir en bon état les moulins et devra aussi établir dans les locaux des anciens foulons de la manufacture, une filature mécanique de laine, composé de deux machineries. Le loyer sera de 94 hectolitres, 18 litres de blé, beau et net, annuellement. (A.D.11,124J686)

Le 2 juillet 1825, le meunier Joakim Marti est fermier du moulin à farine de madame la marquise de Pennautier, Dame Aurelle de la Champelière. (A.D.11,4E279/3O4)

Pour 1837, un registre des noms de clients venant moudre leur grain. (A.D.11,124J687)

                        
           bouche d'entrée du foulon                             porchère du meunier

 

La bannalité du moulin.

Le meunier Jean Delsol mourut en 1741, son fils Jean-Pierre Delsol qui hérita dudit moulin se fit attaquer en justice d’un côté par le fermier du domaine du roi qui lui réclamait le paiement des droits de franc-fief et de l’autre, par les consuls du village pour le paiement du droit de taille, considérant que le moulin était devenu roturier.

La cour des Aydes de Montpellier qui en 1742 statua donna raison aux consuls se conformant à un arrêt du parlement du 20 juin 1716. (A.D.11,6C13)

Le conseil d’état quant à lui, jugea que le moulin était resté noble et le sieur Delsol paiera le franc-fief.

Étant donné qu’un bien ne peut être en aucun cas sujet aux deux impôts du fait d’une roture ou d’un bien noble (contradictoire), ce dernier tribunal plus puissant, débouta les consuls.
(A.D.11,6C13)

Plus un moulin à blé, noble et bannier assis sur la rivière de Fresqueil(!) avec un ferrajal(*) joignant aussi noble de la contenance d’environ deux quartiérés près de la cave (fossé) dudit Pennautier dépendant dudit fief de Saint-André, auquel moulin tous et chacun des habitants dudit lieu sont tenus d’aller moudre tous leurs grains et de payer audit seigneur pour droit de mouture du blé et autres grains.

(Le droit de mouture s’élève) depuis la Noël jusqu’à la Saint-Jean-Baptiste, de chaque six quatrières de blé, une pugnière de blé (4kg), et de ladite fête de la Saint-Jean-Baptiste à celle de Noël, de chaque sestier de blé, une pugnière de blé, ainsi des autres grains.

Aucun des habitant ne pouvant aller moudre ses grains ailleurs sous peine de payer audit seigneur le sus droit de mouture, à la charge néanmoins que ledit moulin soit tenu, condroit(*) et ouvert par ledit seigneur.

Les habitants ayant la préférence pour moudre à tous les étrangers, en sorte que si l’un desdits habitants arrivant pour moudre son blé y trouve le blé de quelques étrangers, il peut si bon lui semble lui faire ôter ledit blé pour moudre le sien.

Dans le cas où ledit moulin ne put suffire par la faute du meunier, il est loisible à chaque habitant après avoir tenu son blé, un jour et une nuit audit moulin sans pouvoir moudre, d’aller ailleurs moudre son blé ou autres grains sans encourir une autre peine.

Le moulin resta en possession des successeurs des anciens seigneurs, après plusieurs décennies passées dans un total abandon, la famille Lorgeril (de) le transforma en appartement locatifs.

Il est à noter que le foulon (n°4, plan 11, p. 48) et la maison du foulonnier (n°5, plan 11, p. 48) avaient été quant à eux créés plus tard, lorsque Pierre-Louis de Reich fonda son ensemble industriel de tissage de draps. (après 1696)

(*)«déguerpir», ancien terme de laisser, abandonner, partir, etc.

(*)«le droit de mouture», la mouture des grains était un des nombreux privilèges du seigneur, comme le droit de cuisson du pain lui appartenait, tout comme ce dernier les habitants étaient tenu de venir faire moudre leurs grains au moulin seigneurial, payer la taxe et le gagne du travail, la aussi sous peine d’amande s’il allait moudre ailleurs.

(*)«le foulon», il fut construit en 1696 en modifiant le moulin, pour compléter le complexe industriel créer par Pierre-Louis de Reich pour la manufacture de draps. Son mécanisme mu par un système hydraulique qui battait les laines et les étoffes afin de les dégraisser, de resserrer les fibres et de les rendre plus souple. Il fut noble, car dans le périmètre noble du moulin.

(*)«la chaussée», paxière, cascade, ouvrage d’art retenant l’eau en amont du moulin.

(*)«canal», canal de fuite en aval du moulin et du foulon.

(*)«le bezal», canal amenant les eaux alimentant en amont le moulin et le foulon.

(*)«inféodé», bailler une terre pour qu’elle soit tenue en fief.

(*)«breil», bois où on laisse paître le bétail, où les bêtes paressent. (situé ici sur l’ile)

(*)«ferrajal», champ planté de fourrage où l’on parquait les chevaux.

(*)«pugnière», ou puignière, (1/16° de cétérés = 6.85litres) mesure de capacité, sous-multiple du quatrière.

(*)«déguerpis», du verbe déguerpir avait en ces temps reculé une signification plus commune et voulait simplement dire que l’on avait «quitter» le lieu et non comme aujourd’hui «partir vite»

(*)«condroit», gérer, en bonne marche.

Les traductions des anciens mots ont été puisé de l’ouvrage et du site internet:

Dictionnaire des institutions, des coutumes et de la langue en usage dans quelques pays de Languedoc, Paul Cayla, publier sous le patronage de la faculté des lettres et des sciences humaines de Montpellier, 1964, imprimerie Paul Dehan. (A.D.11, en salle de lecture)

et

A.T.L.I.F. Analyse et Traitement Informatique de le Langue Française (Informatisé). C.N.R.S. Université de Loraine. Contact: contact@atlif.fr